Charles Des Guerrois

Résumé

Charles Des Guerrois Demi-tons à demi-voix (1891)

Je lutte. — Quel lutteur! assis dans son fauteuil, Il ne lèverait pas le pied, pas même l'oeil, Pour la gloire espérée en rêve et caressée, Si bien que l'on dirait nne âme au fond glacée.
— Oui je suis le lutteur; je lutte dans la nuit, Et mes armes ne font point de feu ni de bruit. Il faut que nous allions vers la roide inconnue, Les uns avec le fer, l'autre avec l'âme nue. Le combat est pour tous, son arme est à chacun. Oui, la lutte pour tous, la lutte aussi pour un. Je suis un des lutteurs qui luttent avec l'ombre, Et séparé de tous, je vais un de leur nombre.
Source : Gallica

Charles Des Guerrois Demi-tons à demi-voix (1891)

Une voix quelquefois monte dans le silence, Quand l'âme au sein des nuits grandit en vigilance. Ce qui fait ton désir, ton rêve, tu l'auras, De fatigue toujours ne tomberont tes bras ; Cette ombre se fondra dans un peu de lumière, Comme fond dans les champs la forêt sa lisière. Le rêve n'est pas seul ; le rêvé suit par fois, Comme vient au chasseur un daim sortant des bois. O poète, ô chasseur, le bonheur vient peut-être ; L'oeil aux aguets; sois prêt, sois maître.
Source : Gallica

Charles Des Guerrois Demi-tons à demi-voix (1891)

Est-ce que ce soleil de printemps est un leurre ? La terre est en retard, inattentive à l'heure ; Comme si l'ombre était sur les beaux feux du jour, Elle ne s'ouvre point aux effluves d'amour. Le pinson cependant fait appel à la feuille : Voix preste et grêle, un vent attempéré l'accueille, Tiède brise de l'ouest qui promet au sureau Le nuage crevé, grésil ou goutte d'eau. Plus vite suis le train du soleil, ô verdure, La jeune feuille au bois, combien peu cela dure ! L'été, le doux automne auront passé demain, Le gémissant hiver est toujours en chemin.
Source : Gallica

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