Henri Rouger

Résumé

Henri Rouger Poèmes fabuleux (1897)

Des yeux ! partout des yeux ! pas d'ombre où me plonger !
Et pas un oeil où me sourît la bienvenue !
Des yeux, partout des yeux, comme pour me juger!
Et seule et sans secours, mon âme ainsi tenue, Seule ainsi, sous l'éclat des yeux fixes et froids, Frissonna, se sentant toute chétive et nue.
Je voulus témoigner pour la troisième fois.
— « Je suis pur! je suis pur! » — Et je hurlai tenace.
Mais ma gorge étouffa dans un hoquet ma voix.
Pas un mot, pas un bruit; tout se tut dans l'espace.
Source : Gallica

Henri Rouger Poèmes fabuleux (1897)

Tout repose à ses yeux sur les eaux et les rives... O paix, sol des coteaux, maison, champ, vigne ou pré, Silence infini fait du frisson des chairs vives, Seuil de misère humaine où ses pas ont erré !... Et devant tout ceci, deuil, folie et bassesse, Il sent, du fond de lui, monter, monter sans cesse, Un sanglot de justice en son coeur ulcéré.
Morne, affolé, fuyant la lumière avilie,
Il détourne ses yeux pleins d'un sourire amer.
Derrière lui, dans l'ombre, à chaque panoplie,
Un rayon, çà et là, fait jaillir un éclair
Source : Gallica

Henri Rouger Poèmes fabuleux (1897)

Ombre, où donc est le jour?
Sous ce brouillard sanglant plein de cris de détresse,
La vieille terre attend sa saison d'allégresse,
L'âme anxieuse attend sa floraison d'amour.
Et le justicier pâle, ayant aux doigts l'épée, De nouveau la soupèse à son poing menaçant; Puis aussitôt, plus las, sur son arme échappée, D'un grand geste éperdu retombe en s'affaissant ; Et frissonnant d'horreur et les mains sur la face, Longuement, là, devant la lumière et l'espace, Pleure en cachant ses yeux sous ses doigts purs de sang.
Source : Gallica

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