Émile Verhaeren,
Les Ailes rouges de la guerre
“ De ceux que terrifie à coups d’horreur la guerre, Mais dont les yeux ne pleurent pas. L’ÂME PAYSANNE Les jours de rage militaire, Quand vibre et siffle et passe et se répand partout L’obus précis, ardent, volant et fou, Dites, les gens, les pauvres gens, entendez-vous Souffrir, gémir, crier, et tout à coup Se déchirer, jusqu’à son cœur, la terre ? Elle était votre amour, étant votre souci. Même l’hiver, sous le ciel blême, Vous l’aimiez tous plus que vous-mêmes, Et vos enfants l’aimaient et votre femme aussi ”
