Résumé

Portrait de Émile Verhaeren Émile Verhaeren Les Ailes rouges de la guerre

De ceux que terrifie à coups d’horreur la guerre,
Mais dont les yeux ne pleurent pas.
L’ÂME PAYSANNE
Les jours de rage militaire,
Quand vibre et siffle et passe et se répand partout
L’obus précis, ardent, volant et fou,
Dites, les gens, les pauvres gens, entendez-vous
Souffrir, gémir, crier, et tout à coup
Se déchirer, jusqu’à son cœur, la terre ?
Elle était votre amour, étant votre souci.
Même l’hiver, sous le ciel blême,
Vous l’aimiez tous plus que vous-mêmes,
Et vos enfants l’aimaient et votre femme aussi
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Portrait de Émile Verhaeren Émile Verhaeren Les Ailes rouges de la guerre

La guerre et son horreur, la bataille et son deuil ;
Mais quand sentiras-tu, sous ton front, la puissance
D’organiser aussi la révolte et l’orgueil ?
Tu ne livres tes bras qu’aux besognes cruelles.
Ton histoire n’est qu’égoïsme âpre et profond.
Pourtant une autre existe et plus grande et plus belle,
Celle qui donne une âme aux peuples qui la font.
Comprendras-tu, un jour, cette force dardée,
Allemagne, par ceux dont le cœur s’est offert
À se battre tragiquement, pour une idée,
Afin qu’en soit grandi l’homme, dans l’univers.
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Portrait de Émile Verhaeren Émile Verhaeren Les Ailes rouges de la guerre

Ton droit ne fut jamais qu’orgueil et qu’insolence
Et tu salis en ce temps-ci
Jusques à la science
Que ton esprit rapace arrache à l’infini.
Hélas ! bien que le renouveau anime l’air
Et que, le soir,
Les yeux croient voir
Se lever au zénith un geste d’Uranie,
Reste voilé, ciel vaste et clair :
Rien ne présage encor la paix dans l’harmonie,
Puisque là-bas, au loin, du haut de ses montagnes
Où sa férocité s’accule,
Nous menace toujours et nous hait l’Allemagne,
La faiseuse de crépuscule.
L’ANGLETERRE
L’Angleterre !
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