Émile Verhaeren,
Les Visages de la vie
“ Je veux rester, je ne peux pas ; L’âpre univers est un tissu de routes Tramé de vent et de lumière ; Mieux vaut partir, sans aboutir, Que de s’asseoir, même vainqueur, le soir, Devant son œuvre coutumière, Avec, en un cœur morne, une vie Qui cesse de bondir au delà de la vie ! Dites, la mer au loin que prolonge la mer ; Et le suprême et merveilleux voyage, Vers on ne sait quel charme ou quel mirage, Se déplaçant, au cours des temps ; Dites, les signaux clairs des beaux vaisseaux partant Et le soleil qui brûle et qui déjà déchire Sa gloire en or, sur l’avant fou de mon navire ! ”
