Marcel Wyseur, La Flandre rouge : poèmes (1916)
“ Dans les dunes, là-bas, au seuil de l'horizon Qui recule la Flandre et qui fait plus profond Le Rêve, une chapelle, à mante blanche et rose, Comme un oiseau de mer sur le sable, repose. Au loin elle regarde, et ses yeux de douleur N'ont plus vu les clochers dont elle était la sœur, Car Nieuport, et Caeskerke, et Dixmude, et Pervyse, Sont mortes, et le froid a pris leur cendre grise. Elle est seule, très seule et grave, infiniment, Et les jours sont sans fin, et sans fin est le vent, Et sans fin les sanglots de sa vaine navrance. ”
