Marcel Wyseur

Résumé

Marcel Wyseur La Flandre rouge : poèmes (1916)

Dans les dunes, là-bas, au seuil de l'horizon Qui recule la Flandre et qui fait plus profond Le Rêve, une chapelle, à mante blanche et rose, Comme un oiseau de mer sur le sable, repose.
Au loin elle regarde, et ses yeux de douleur N'ont plus vu les clochers dont elle était la sœur, Car Nieuport, et Caeskerke, et Dixmude, et Pervyse, Sont mortes, et le froid a pris leur cendre grise.
Elle est seule, très seule et grave, infiniment, Et les jours sont sans fin, et sans fin est le vent, Et sans fin les sanglots de sa vaine navrance.
Source : Gallica

Marcel Wyseur La Flandre rouge : poèmes (1916)

Leur espoir et l'espoir d'une race Sont debout, et leur âme aux multiples splendeurs A fait ces grands vaincus, plus grands que les vainqueurs
LES FORCES
Femmes, c'est votre chair qui saigne sur la Flandre, C'est votre âme qui meurt quand tombent nos héros, C'est votre corps meurtri qu'on arrache en lambeaux, Ce corps las d'engendrer et qui toujours engendre.
C'est votre appel qui sonne aux tocsins des hameaux, C'est votre cri d'espoir qui monte, ardent et tendre, C'est votre foi d'amour qui ranime la cendre De nos rêves épars et des derniers flambeaux.
Source : Gallica

Marcel Wyseur La Flandre rouge : poèmes (1916)

Dans le petit jardin, les plantes de malheur, Les ronces, les chardons et les orties, Innombrables étaient sorties ; Mais qu'importait la joie ou la douleur?
Pour elle est-ce que la vie Pouvait survivre à son bonheur ?
La mort est bonne Aux malheureux à qui personne Ne reste plus.
Une nuit d'hiver, un obus Vint labourer ses flancs et crever sa poitrine, Et la chaumine se meurt, et nul au monde ne saura Qu'il est là-bas,
Quelque part, en Flandre, une masure, Un peu de plâtre, un peu de chaux, Un peu de paille rousse, un peu de briques, Qui comme nous avait une âme, et meurt, stoïque.
Source : Gallica

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