Anatole Le Braz

Anatole Le Braz

Résumé

Portrait de Anatole Le Braz Anatole Le Braz,  Pâques d'Islande (1897)

“ Arrachées à leur solitude par tout ce bruit, par tout cet éclat, déjà elles s'agitent confusément, bruissent parmi les bruyères, les herbes, les regains d'ajoncs. A peine les vivants se seront-ils dispersés, qu'elles s'abattront, légères et pressées, comme des tourbillons de feuilles automnales, sur l'aire chaude où s'éleva le bûcher. Et, pour elles, le feu renaîtra, le « feu des morts », flamme pâle et douce dont les clartés ne se voileront qu'aux approches du jour, quand retentira le premier chant du coq dans l'une ou l'autre des fermes du ménez. ”
Source : Gallica

Portrait de Anatole Le Braz Anatole Le Braz,  Pâques d'Islande (1897)

“ C'est une chose très particulière, dont on ne peut se rendre compte en nos pays où l'on se lève avec le jour, où l'on se couche avec la nuit ; où tintent les angélus du matin, de midi, du soir ; où le soleil monte, plane, descend, avec la régularité des poids d'une horloge ; où le laboureur, à défaut d'autre cadran, a la ressource de mesurer l'heure à la longueur de son ombre. A Islande, rien de tout cela : on vit comme hors de la vie ; on va, on vient, on travaille, on mange, on dort, on échange même à de longs intervalles de rares paroles, mais machinalement, confusément, et comme en rêve. ”
Source : Gallica

Portrait de Anatole Le Braz Anatole Le Braz,  Pâques d'Islande (1897)

“ On se range derrière lui, en silence, et un étrange défilé s'organise autour des restes du tantad. Il s'avance le premier, avec le Tadiou qu'il soutient par l'aisselle. La foule le suit, rythmant son pas sur le sien, les hommes en tête, puis les femmes, et, en dernier lieu, les enfants. Tina Stéphan ferme le cortège. Trois fois l'imposante théorie rustique passe et repasse devant la cendre qui couve encore et d'où achève de s'exhaler en fumerons blanchâtres l'Esprit du feu. Après chaque tour on fait une pause ; la fillette dit :
— Doué da bardono an anaôn ! (Dieu pardonne aux âmes défuntes !)
”
Source : Gallica

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