Anatole Le Braz,
Le sang de la sirène
“ On tremblait sans cesse qu’il ne se livrât à quelque excentricité dangereuse. N’avait-il pas eu l’idée, une fois, par manière de plaisanterie, de mettre le feu à la veste en peau de mouton du pâtre? Absent, il terrorisait encore les âmes. C’est à peine si l’on osait respirer, dans la crainte de le voir entrer tout à coup, les yeux hagards, le bâton levé, en proie à toutes les démences de l’alcool. D’ailleurs, n’aurait-on pas eu cette angoisse, la pâle et silencieuse figure de Renée-Anne, abîmée en d’amères songeries, eût suffi à bannir des veillées de Guernaham toute expansion et toute joie. ”
