Anatole Le Braz

Anatole Le Braz

Résumé

Portrait de Anatole Le Braz Anatole Le Braz Le sang de la sirène

On tremblait sans cesse qu’il ne se livrât à quelque excentricité dangereuse. N’avait-il pas eu l’idée, une fois, par manière de plaisanterie, de mettre le feu à la veste en peau de mouton du pâtre? Absent, il terrorisait encore les âmes. C’est à peine si l’on osait respirer, dans la crainte de le voir entrer tout à coup, les yeux hagards, le bâton levé, en proie à toutes les démences de l’alcool. D’ailleurs, n’aurait-on pas eu cette angoisse, la pâle et silencieuse figure de Renée-Anne, abîmée en d’amères songeries, eût suffi à bannir des veillées de Guernaham toute expansion et toute joie.
Source : Gutenberg

Portrait de Anatole Le Braz Anatole Le Braz Le sang de la sirène

Des mots, toujours les mêmes, vous arrivent comme à travers un cauchemar:
—Morvarc’h... proella... Cadoran!...
On dirait je ne sais quelle litanie barbare criée dans une langue inconnue.
Nous nous sommes mis en route, sous la pluie. Un pêcheur du voisinage m’a prêté son ciré des gros temps, si raide qu’on le croirait en métal; les trombes d’eau sonnent là-dessus comme sur du zinc. Nous avançons péniblement. N’était le fanal du syndic, on ne verrait goutte.
Source : Gutenberg

Portrait de Anatole Le Braz Anatole Le Braz Le sang de la sirène

Je ne suis pas plutôt descendu que le syndic me demande à brûle-pourpoint:
—Vous en êtes, n’est-ce pas?
—De quoi donc?
—Mais... du proella, chez Marie-Ange.
—Le monsieur lui doit bien cela,—insinue Nola Glaquin, en relevant pour s’essuyer la bouche le coin de son tablier.—Était-elle assez jolie pourtant, l’autre samedi, lorsque vous alliez côte à côte, dans la montée du Stif!... Jolie et alerte, en ses bas blancs, la jupe troussée!... Elle était comme une lumière, vous souvenez-vous?... comme un feu follet de la mer. Ah! elle est cruellement changée, la pauvre! Elle ne boit ni ne mange.
Source : Gutenberg

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