Résumé

Auguste Le Brun Feuilles mortes : contes et nouvelles (1912)

Si la côte sournoise de jadis s'est faite hospitalière, si la falaise s'est surmontée du sémaphore et l'écueil couronné du phare, le naufrageur d'hier s'est fait le sauveteur d'aujourd'hui. C'est le braconnier transformé en garde-chasse.
Marin consommé, courageux, réfléchi, ne perdant jamais son sang-froid, connaissant sa côte à fond et chacun des écueils de son rivage, le pêcheur d'Auderville ou de Diélette qui vit tous les jours sur la mer et de la mer, manie sa barque à large panse, aux voiles carrées, comme un écuyer fait volter le cheval
de manège le mieux mis.
Source : Gallica

Auguste Le Brun Feuilles mortes : contes et nouvelles (1912)

Remis en confiance, il semble avoir des ailes. Ce n'est plus le rogue de jadis, le cabochard qui se dérobe en entendant siffler les fouets sur les voisins et, bien qu'à ses côtés Socrate cravaché à fond, les flancs déchirés par l'éperon, s'épuise en efforts désespérés, Moucheron dans une acclamation enthousiaste de cent mille poitrines passe avec une tête d'avance le disque d'arrivée dont l'ombre même projetée sur la piste, s'avance comme la traîtrise d'un dernier obstacle et a été l'anxiété suprême du baron, de Jones, de Burke — prêt à défaillir maintenant d'orgueil, de fatigue et de joie.
Source : Gallica

Auguste Le Brun Feuilles mortes : contes et nouvelles (1912)

Cette fois, la mort avait fait son œuvre : la petite fiancée n'était plus.
Près du lit où, entre les lumières elle reposait blanche et calme, comme heureuse, comme libérée, le pauvre trompette secoué de sanglots, resta longtemps abîmé dans sa douleur jusqu'au moment où le père Goarec, lui frappant doucement l'épaule dit avec tristesse, mais ferme, en homme qui sait le métier de
soldat: — Faut t'en aller, mon petit... Ecoute ce qu'ils disent là-bas.
Comme un dormeur, brusquement arraché de son rêve, Leguern, rappelé à la réalité, prêta l'oreille.
Source : Gallica

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