Auguste Le Brun, Feuilles mortes : contes et nouvelles (1912)
“ Si la côte sournoise de jadis s'est faite hospitalière, si la falaise s'est surmontée du sémaphore et l'écueil couronné du phare, le naufrageur d'hier s'est fait le sauveteur d'aujourd'hui. C'est le braconnier transformé en garde-chasse. Marin consommé, courageux, réfléchi, ne perdant jamais son sang-froid, connaissant sa côte à fond et chacun des écueils de son rivage, le pêcheur d'Auderville ou de Diélette qui vit tous les jours sur la mer et de la mer, manie sa barque à large panse, aux voiles carrées, comme un écuyer fait volter le cheval de manège le mieux mis. ”
