Auguste Le Brun, Feuilles mortes : contes et nouvelles (1912)
“ Mais l'hiver est la vraie saison où le charme de la Hague se révèle dans toute sa beauté tragique. Balayée par les grands vents du large, noire sous un ciel bas, brumeux, humide, toute salée par l'haleine marine, lorsque le raz Blanchard qui la sépare d'Aurigny délire, en fureur,et que ses falaises battues par une mer sauvage se poudrent de la poussière blanche des embruns, la Hague avec ses dolmens de granit dans ses landes désolées, semble vraiment une contrée étrangère, quelque tranche découpée des côtes bretonnes et enclavée comme un coin dans la verdeur riche de la plantureuse Normandie. ”
