Résumé

J.-J. Baude Revue des Deux Mondes

De l’embouchure du Rhône au pied des Pyrénées s’étend la plus mauvaise des mers d’Europe : le rivage en est aussi perfide que la surface en est tumultueuse. Le navire, battu par les tempêtes si souvent déchaînées dans le golfe de Lyon, est menacé sur les deux tiers de son horizon par une côte basse, sablonneuse, où le fond manque à de grandes distances de la terre. Si, dans cette redoutable étreinte, il peut tourner le cap vers Port-Vendres, une mer sûre et profonde s’étend devant lui, et chaque lame qu’il franchit le rapproche d’un asile protecteur.
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J.-J. Baude Revue des Deux Mondes

Du cap Gris Nez qui forme de notre côté l’étranglement du Pas-de-Calais, jusqu’au-delà d’Ostende, le flot et le jusant côtoient le rivage ; la rade de Dunkerque ressemble au lit d’un fleuve dont la profondeur se maintient par la réaction du courant sur le fond. On n’a pas oublié que le flot qui s’empare, au sortir du chenal de Gravelines, des vases de l’Aa, les amène dans la rade, et que, poussé à la côte par les vents du large, ce limon se dépose partout où il rencontre du calme.
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J.-J. Baude Revue des Deux Mondes

Le nom de Quillebeuf a jeté jusqu’à présent un sinistre reflet sur la navigation de la Basse-Seine. Tout le monde connaît cette barre terrible qui, grandissant avec les marées des syzygies et les vents d’ouest, envahit périodiquement l’embouchure du fleuve. L’intumescence des flots, que l’attraction de la lune et du soleil promène sur les profondeurs de l’Océan avec une vitesse presque égale à celle de la rotation du globe, se ralentit et s’élève quand le fond s’exhausse, et cet effet n’est nulle part si marqué que sur les grèves allongées des rivières à marées.
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