Charles Lenthéric

Charles Lenthéric

Résumé

Portrait de Charles Lenthéric Charles Lenthéric Revue des Deux Mondes

Le profond sillon tracé par le grand estuaire girondin n’interrompt pas la chaîne continue de dunes, qui commence à l’embouchure de l’Adour, suit toute la côte des Landes et atteint la pointe de Grave. Jusqu’à la Loire et même au-delà, on retrouve, de distance en distance, la même formation de petites collines de sable, entrecoupées de bas-fonds, de fondrières, de marais, presque tous autrefois exploités pour le sel, aujourd’hui en partie délaissés, en partie cultivés, transformés en pâturages et en réservoirs où l’on engraisse de savoureux coquillages.
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De distance en distance, à perte de vue, dans la campagne, les mâts et les voiles des bricks et des bateaux de pêche, tantôt glissant sans bruit, paraissant et disparaissant à travers les branches, tantôt immobiles, amarrés le long des berges et des quais, et toujours couchés, aux heures de la basse-mer, dans la vase fétide comme des épaves ou des malades. Ce calme et cette solitude ne sont d’ailleurs qu’apparens ; et, malgré le redoutable voisinage de Dunkerque, le port de Gravelines continue à jouir d’un certain mouvement.
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Portrait de Charles Lenthéric Charles Lenthéric Revue des Deux Mondes

Les pieds semblent lui brûler sur le sol, et le dernier des enfans n’éprouve une sensation de bien-être et de liberté que lorsqu’il peut, les jambes nues, courir sur l’estran, marcher sur les varechs et le sable mouillé, encore mieux sur les planches de la moindre barque. Pendant de longues heures, il ne joue pas et reste immobile, debout devant un quai ou sur la grève, regardant le flot qui s’élève et s’abaisse, le navire qui oscille sur place ou évolue au large, et il rêve au départ.
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