Jean Racine,
Livre:Racine - Œuvres, Didot, 1854…
“ ESTHER. Eh ! se peut-il qu’un roi craint de la terre entière, Devant qui tout fléchit et baise la poussière, Jette sur son esclave un regard si serein, Et m’offre sur son cœur un pouvoir souverain ? ASSUÉRUS. Croyez-moi, chère Esther, ce sceptre, cet empire, Et ces profonds respects que la terreur inspire, À leur pompeux éclat mêlent peu de douceur, Et fatiguent souvent leur triste possesseur. Je ne trouve qu’en vous je ne sais quelle grâce Qui me charme toujours et jamais ne me lasse. De l’aimable vertu doux et puissants attraits ! Tout respire en Esther l’innocence et la paix. ”
