Félix Roubaud

Résumé

Félix Roubaud L'oeil-de-boeuf des théâtres (1849)

Ah! si votre cœur, interrompit vivement la Maupin, a eu de ces 'saintes et sublimes inspirations: si jamais votre regard s'est abaissé devant celui d'une femme ; si jamais votre voix a tremblé d'émotion ; si jamais
tout votre être a tressailli sous le contact d'une femme aimée; si, en un mot, jamais votre âme a entendu le langage magique et divin de l'amour, vous aurez pitié de moi, et me laisserez donner un dernier baiser à l'idole de ma vie.
Et elle se jeta aux genoux du capitaine, en couvrant ses mains de caresses et de larmes.
De Favart était visiblement ému.
Source : Gallica

Félix Roubaud L'oeil-de-boeuf des théâtres (1849)

Vous savez sans doute, madame, ce qu'est une haine en Corse ?
— C'est la mort ! s'écria la comtesse épouvantée.
- Comme vous, je croyais que le cœur, lorsqu'il renfermait la haine, était inaccessible à tout autre sentiment; je me trompais, madame : je vous vis et je vous aimai.
Et fixant sur Noémie son regard sombre : — Mais vous étiez la comtesse de Randal, poursuivit il, et j'avais à me venger de votre famille. Sollicité tour à tour par ces deux passions contraires, j'ai cherché à satisfaire à la fois mon amour et ma haine, à contenter mes désirs sans renoncer à ma vengeance.
Source : Gallica

Félix Roubaud L'oeil-de-boeuf des théâtres (1849)

Comme l'avait prévu le duc de Syvré, Georges était près de la nymphe du théâtre. Tous deux assis sur une riche bergère, ils savouraient au milieu de mille baisers les délices d'un amour heureux.
- Ab ! je t'aime, Camille, disait Georges en appliquant ses lèvres brûlantes sur la bouche de la chanteuse, et si tu voulais, notre amour serait infini.
— Qu'importe qu'un prêtre bénisse notre union , répondait mademoiselle Fel, notre amour est-il moins suave? Ne crains-tu pas que le mariage en coupant les ailes à l'amour ne le défigure et ne le tue peut-être?
Source : Gallica

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