“ Tu brûleras tout le bélier sur l’autel ; c’est un holocauste à l’Éternel, c’est un sacrifice consumé par le feu, d’une agréable odeur à l’Éternel. Tu prendras l’autre bélier, et Aaron et ses fils poseront leurs mains sur la tête du bélier. Tu égorgeras le bélier ; tu prendras de son sang, tu en mettras sur le lobe de l’oreille droite d’Aaron et sur le lobe de l’oreille droite de ses fils, sur le pouce de leur main droite et sur le gros orteil de leur pied droit, et tu répandras le sang sur l’autel tout autour. ”
Bélier
Définition et enjeux
Le bélier désigne le mâle non castré de l'espèce Ovis aries, essentiel à la reproduction des moutons. Symbole universel de force et de fécondité, il traverse les mythes anciens, des sacrifices hébraïques aux divinités égyptiennes, et inspire des textes liturgiques, comme l'Exode, ou des œuvres littéraires, comme celles de Shakespeare et Victor Hugo.
Les auteurs, de la médecine vétérinaire (J. Servajean) à la philosophie (Ammien Marcellin), soulignent son rôle pratique et son étonnante dualité : animal de pâturage et emblème de puissance. Cette ambivalence, entre le concret et le symbolique, révèle la place centrale du bélier dans l'histoire humaine.
Citations sur le bélier
Alfred de Montvaillant, Ézéchiel, Daniel, les petits prophètes… (1899)
“ Le bélier qui battait le sol d'un pied vainqueur Frappait le Nord, le Sud et l'Ouest de sa tète Et sa seule présence effrayait toute bète Car rien ne résistait à ce bélier puissant, 5 Quand j'aperçus un bouc venu de l'occident Et sans toucher le sol il parcourait la terre Une corne à son front se dressait haute et fière. 6 Quand il vit le bélier, de ce prompt agresseur Rien ne put arrêter l'impatiente ardeur. 7 A coups précipités ses cornes le frappèrent, Les cornes du bélier dans la lutte tombèrent. Le bélier vainement voulut lui résister Je vis le bouc plus fort sous ses pieds le jeter. ”
William Shakespeare,
Les Deux Gentilshommes de Vérone
(1623)
“ PROTÉE. Le bélier pour du fourrage suit le berger, le berger ne suit pas le bélier pour sa pitance : or, tu suis ton maître pour des gages, et ton maître ne te suit pas pour des gages. Donc tu es un bélier. ”
Jacques-Paul Migne,
Troisième et dernière encyclopédie théologique…
“ Elles s’y rassasiaient ; et leurs bergeries étaient élevées sur cette terre bienheureuse, et leurs yeux étaient tantôt ouverts, tantôt aveuglés, jusqu’à ce qu’une brebis se levât au milieu d’elles, et les conduisît de telle sorte qu’elle les ramena toutes et leur ouvrit les yeux. Mais les chiens, les renards et les sangliers commencèrent à les dévorer, jusqu’à ce qu’une autre brebis devint la ruine du troupeau, et le bélier qui les conduisit. Ce bélier commença en effet à frapper de ses cornes les chiens, les renards et les sangliers, et à les exterminer tous. ”
Ammien Marcellin, Marcellin, Jornandès, Frontin, Végèce…
“ Le mouvement de va-et-vient est imprimé par un nombre d’hommes proportionné à la longueur totale du bélier. Cette multitude de bras, par une manœuvre incessante, après avoir poussé la masse en arrière, la ramène vivement en avant. Dès que le branle parcourt assez de champ pour que la tète du bélier atteigne le mur, elle y imprime des chocs répétés dont la violence s’accroît sans cesse, à l’imitation de l’animal, qui se dresse pour donner plus de force à son coup de tête. ”
Victor Hugo,
Quatrevingt-treize
(1874)
“ C’est un bélier qui bat à sa fantaisie une muraille. Ajoutez ceci : le bélier est de fer, la muraille est de bois. C’est l’entrée en liberté de la matière ; on dirait que cet esclave éternel se venge ; il semble que la méchanceté qui est dans ce que nous appelons les objets inertes sorte et éclate tout à coup ”
“ Lorsque j’eus cette vision, il me sembla que j’étais à Suse, la capitale, dans la province d’Élam ; et pendant ma vision, je me trouvais près du fleuve d’Ulaï. 3. Je levai les yeux, je regardai, et voici, un bélier se tenait devant le fleuve, et il avait des cornes ; ces cornes étaient hautes, mais l’une était plus haute que l’autre, et elle s’éleva la dernière. 4. Je vis le bélier qui frappait de ses cornes à l’occident, au septentrion et au midi ; aucun animal ne pouvait lui résister, et il n’y avait personne pour délivrer ses victimes ; il faisait ce qu’il voulait, et il devint puissant. ”
J Servajean, Le révélateur, ou Traité de médecine & d'art vétérinaire… (1879)
“ Un bon bélier a la tête grosse, le nez camus, les naseaux courts et étroits, le front large, élevé et ; ; arrondi ; les yeux noirs, grands et vifs ; les oreilles grandes et couvertes de laine, l'encolure large, le corps élevé, gros et allongé, le râble large, le ventre grand, les testicules gros ; la queue longue et forte à sa racine ; le bélier ne peut guère servir que huit ans ; un seul suffit à quarante brebis. On connaît l'âle du bélier à ses dents, et encore à ses cornes quiforment un nouvel anneau chaque année. ”
Anonyme, Le Livre des mille nuits et une nuit
“ Aussi, au comble de la jouissance, il lui ravit cette virginité, et se délecta tout à son aise au goût de cette jeunesse. Et, clou sur clou, le bélier fonctionna quinze fois de suite, à entrer et à sortir, sans interruption ; et il ne s’en trouva pas mal du tout. ”
J.-B. Natali, L'appel du pays (2e édition) (1912)
“ Les brebis la suivent, de leur pas menu — le cou allongé, avec un hochement de tête régulier, touchant presque la terre du mufle morveux et baveux. Tondues ras, les jambes trop grêles et le ventre trop gros, — ce sont des bêtes disgracieuses. Ajoutez : malpropres et d'un air stupide. En revanche, les agneaux sont jolis avec leur museau rose et leur toison frisée. Le bélier marche en serre-file — solennel et lent comme un souverain — couvrant d'un regard protecteur tout ce peuple de femelles qui est à lui. Il est le mâle, il est le roi. ”
Adolphe Lefrancq, Catalogue illustré et annoté des oeuvres exposées au Palais des beaux-arts de la ville de Valenciennes… (1931)
“ Béliers et moutons. Toile. H. 0,74 x L. 0,90. Un berger portant un vêtement rougeâtre, couvert d'une peau de bête, est assis dans la campagne au bord d'un ruisseau. Un jeune bélier est couché près de lui. Au premier plan un bélier blanc et deux brebis, derrière lesquelles se tient debout un taureau vu de profil. A gauche, dans la campagne, quelques animaux; au fond, la silhouette d'une ruine se détache sur un ciel nuageux. ”
Marco Polo,
Deux Voyages en Asie au XIIIe siècle
“ Quand ils célèbrent les fêtes de leurs idoles, le roi leur donne des béliers, qu’ils offrent à leurs dieux, brûlant plusieurs bois d’aloès et d’encens en sacrifice de bonne odeur. Après quoi ils font cuire la chair du bélier, et la présentent à manger à leurs idoles avec des cris de réjouissance ; et en répandent le jus par terre devant eux, assurant que par là ils obtiennent de la clémence de leurs dieux la fertilité de la terre. ”
Jules Lemaître,
ABC : Petits Contes
“ Le bélier de la ferme s’échappa de la bergerie et entra tranquillement dans la maison. Comme il ne trouva personne en bas, il monta par l’escalier au premier étage, où il y avait la belle chambre des parents de Berthe, avec une armoire à glace. Quand le bélier vit son image dans cette glace, il crut que c’était un autre bélier, et il le menaça de ses cornes ; mais l’autre fit le même mouvement. Furieux, il se dressa sur ses pattes ; mais l’autre se dressa aussi. Alors le bélier se jeta de toutes ses forces contre la glace et il la brisa en mille morceaux. ”
Charles Louandre, Les Conteurs français au XVIIIe siècle
“ Le géant avait à son service pour intendant et pour conseiller intime un bélier vraiment extraordinaire. Ce bélier connaissait tous les mystères des sciences occultes, et pouvait, en fait d’enchantemens, le disputer à Merlin. Il mit sa science à la disposition de son maître, et dès ce moment une lutte sans trêve et sans repos s’engagea entre le druide, la belle Alie, le prince de Noisy d’une part, le géant et le bélier de l’autre. ”
Jean-Auguste Boyer-Nioche, Fables (4e édition augmentée d'un sixième livre et illustrée… (1858)
“ Accordée aux brebis grâce à la Providence. Tout auprès de l'étable, à la faveur des buis Qui formaient une haie, il se tiendrait tapis ; Et ni chien ni berger n'en aurait connaissance. Le chevreuil, le soir même, à l'heure où le bétail Reprenait tous les jours le chemin du bercail, Se rend à l'endroit dit; il s'embusque en silence. En tête du troupeau le gros bélier, s'avance ; Il entre dans la cour. Tout le suit. Le chevreuil Est toujours aux aguets ; rien n' échappe à son oeil. D'abord, il voit la ménagère, Un genou sur le sol, qui s'empresse de traire Mainte mère brebis. ”
Collectif, Revue des études grecques
“ Ces montants, quand le bélier vient frapper les créneaux ou leurs défenseurs, sont inclinés sur le corps du bélier ; mais quand on veut passer sur les béliers, ces montants se relèvent et se maintiennent verticaux, la lisse étant tirée de l’extrémité du bélier de manière former une espèce de barrière, qui permet de traverser sans danger ; car, le bélier lancé porte un homme sur le mur, ou même un plus grand nombre, faisant ainsi fonction de pont. ”
Ammien Marcellin, Marcellin, Jornandès, Frontin, Végèce…
“ Passons au bélier. On choisit soit un grand sapin, soit un orne, que l’on arme par un bout du fer le plus dur, façonné en tête de bélier, ce qui a fait donner à la machine le nom de cet animal. Le bélier est horizontalement suspendu par des chaînes à une grosse poulie placée au-dessus, et soutenue elle-même en l’air par de longues jambes de force. Tout l’appareil est recouvert de madriers, revêtus de lames de fer. Les chaînes de suspension sont assez longues pour donner beaucoup de ballant à l’arbre, suspendu en équilibre. ”
Louis-Furcy Grognier,
Cours de multiplication et de perfectionnement des principaux animaux domestiques…
(1841)
“ Le bélier est, en général, encore plus prolifique que le taureau. On a, dit M. Huzard père, l'exemple d'un bélier qui, enfermé par hasard dans une bergerie de soixante brebis, les féconda toutes en une nuit. Il a connu, ajoute-t-il, plusieurs cultivateurs qui ont donné jusqu'à deux cents brebis au bélier, pendant la monte, et qui ont eu cent soixante à cent quatre-vingts agneaux annuellement. Il est de grandes bergeries en Allemagne où chaque bélier saillit, sans fatigue, douze brebis par jour, et il est rare qu'on mette plus de huit béliers dans une troupe de six cents brebis. ”
Gottfried Wilhelm Leibniz,
Œuvres philosophiques de Leibniz…
“ Mais cette partie du bélier réduit en cendre dans laquelle l’âme du bélier se serait retirée, n’étant point organisée, ne peut être prise pour un animal, et ainsi l’âme du bélier y étant jointe ne compose point un animal, et encore moins un bélier comme devrait faire l’âme d’un bélier. ”
Collectif, Revue des études grecques
“ De la tête du bélier. La tête du bélier recevra (une garniture semblable à) une enclume, jusqu’à la moitié de la longueur de laquelle il pénétrera ; une frette en fer entourera l’extrémité, de crainte que le choc ne fasse éclater le bois. ”
Jean-Augustin Barral,
Dictionnaire d'agriculture : encyclopédie agricole complète…
(1886-1892)
“ BÉLIER (zootechnie) . Nom donné au mâle reproducteur dans l'espèce ovine. Un bon bélier doit présenter au plus haut degré possible toutes les qualités de la race à laquelle il appartient, tant sous le rapport de la conformation et de la taille que de la toison. Il doit avoir le corps trapu et arrondi, les membres courts, la poitrine large et ample, les épaules grosses, charnues, et très écartées; le garrot peu sorti et arrondi; la tête relativement courte, le chanfrein large, la nuque assez forte, les oreilles fines et sans poils, l'œil doux, mais avec un regard assuré ”
Collin de Plancy,
Dictionnaire infernal
“ Bélier. Le diable s’est quelquefois transmué en bélier, et des maléficiés ont subi cette métamorphose. C’est même sur une vieille tradition populaire de cette espèce qu’Hamilton a bâti son conte du Bélier. Il paraît que le bélier a des propriétés magiques ; car, lorsqu’on accusa Léonora Galigaï, femme du maréchal d’Ancre, d’avoir fait des sorcelleries, on prétendit que, pendant qu’elle s’occupait de maléfices, elle ne mangeait que des crêtes de coq et des rognons de bélier. Pour l’influence du bélier, signe du zodiaque, voyez Astrologie et Horoscopes. ”
J. Beugnot, Dictionnaire usuel de chirurgie et de médecine vétérinaires… (1882)
“ Un beau bélier a l'œil très-vif, la démarche cadencée et libre, les oreilles courtes, les cornes rugueuses, le chignon épais, le cou court, les épaules rondes, le poitrail large, la croupe arrondie, les testicules gros, allongés et pendants, la laine fine, tassée, abondante, homogène, c'est-à-dire égale autant que possible sur toutes les parties du corps. ”
Alphonse Gobin, Traité de l'économie du bétail… (1862)
“ Il est probable qu'un vent sec et un peu froid, en arrêtant la transpiration cutanée du bélier qui sécrète davantage à la peau que les femelles, excite davantage alors la sécrétion génitale, et accroit l'influence du mâle. ”
“ Toute cette cavalerie, sabres levés, étendards et trompettes au vent, formée en colonne par division, descendit, d’un même mouvement et comme un seul homme, avec la précision d’un bélier de bronze qui ouvre une brèche, la colline de la Belle-Alliance, s’enfonça dans le fond redoutable où tant d’hommes déjà étaient tombés, y disparut dans la fumée, puis, sortant de cette ombre, reparut de l’autre côté du vallon, toujours compacte et serrée, montant au grand trot, à travers un nuage de mitraille crevant sur elle, l’épouvantable pente de boue du plateau de Mont-Saint-Jean. ”
François Rozier,
Cours d’agriculture
“ Supposons actuellement que cet amateur sépare le bélier & la brebis du plus beau corsage, & laine moins grossière, du reste du troupeau, qu’il les fasse soigner & accoupler, il en résultera, à coup sûr, un individu qui tiendra du père & de la mère, & qui sera supérieur en corsage & en laine au reste du troupeau. Si le hasard fait qu’il rencontre chez lui un bélier plus beau que le premier, & qu’il croise sa race avec la brebis choisie, il est encore démontré par l’expérience que l’animal résultant de cet accouplement, sera beaucoup plus grand que la mère, & souvent plus beau que le père. ”
Ovide,
Les Métamorphoses, traduction Gros
“ Aussitôt.on fait avancer un bélier cassé par l’âge, aux tempescreusesètaux cornes recourbées. Lamagicienne enfoncedans sa gorge ridée son glaive de Thessalie’.Quelques gouttes de sang le rougissent à peine. En même temps elle plonge les membres de l’animal dans une chaudière d’airain où fermentent ses sucs puissants. Le corps du bélier diminue, ses cornes disparaissent, et les ans avec elles. ”
“ On estime surtout le bélier, quand il est grand et se tient droit, quand son ventre est déprimé et bien fourni de laine, quand sa queue est très longue, sa toison épaisse, son front large, ses testicules gros, ses cornes recourbées ce n’est pas qu’alors il soit plus utile, car il est préférable qu’un bélier soit privé de cornes ”
Jean-Augustin Barral,
Dictionnaire d'agriculture : encyclopédie agricole complète…
(1886-1892)
“ Si le bélier a des cornes, elles doivent être fines, bien placées, à spires régulières. La démarche doit être libre et assurée et le jarret solide. La peau, assez épaisse, doit être souple ; on la juge surtout au ventre et aux aines. Pour la qualité de la laine, on l'apprécie par son uniformité et son tassé, ainsi que par la longueur et les caractères du brin, selon la race du bélier. ”
Selma Lagerlöf,
Le Merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède
(1912)
“ Le bélier obéit, et le premier renard fut culbuté et rejeté vers l'ouverture de la grotte. — Maintenant un coup à gauche, dit le gamin en tournant la grosse tête du bélier dans la bonne direction. Le bélier porta un coup terrible qui prit de flanc le second renard ; le renard fit plusieurs tours sur lui-même avant de reprendre pied et de pouvoir s'enfuir. ”
Œuvre de Tchoang-tzeu/Chapitre 17…
“ Il en est de même, pour la qualification des actes ; ce qui est noble dans l’un ou dans telles circonstances, sera vil dans l’autre ou dans d’autres circonstances. Tout cela est relatif et variable. — Un bélier est ce qu’il y a de mieux, pour faire brèche à un rempart ”
Charles-Laurent Félizet, Rudiment encyclopédique agricole… (1861)
“ Les principaux motifs de cette conduite sont : qu'il est moins coûteux de se procurer un mâle de belle race pour cent femelles communes, que cent brebis distinguées pour un bélier commun; d'autre part, dit-on , il est préférable de croiser par les mâles plutôt que par les femelles , attendu que les agneaux provenant d'un bélier fin avec des brebis ordinaires, tout en acquérant une partie des qualités de leur père , conservant plus de la force de tempérament de leur mère et supportant presque aussi bien qu'elle les vicissitudes de l'acclimatation et des localités plus ou moins dures ”
François Rozier,
Cours d’agriculture
“ On reconnoît un bon bélier aux marques suivantes : s’il est grand, fort & nerveux ; s’il a beaucoup de laine sur les jambes, sur les joues, sur le front ; si la laine est par-tout fine, serrée, blanche ; si le dedans de la bouche & de la langue n’a point de taches noires. On scie les cornes dans la saison de l’accouplement, aussi près qu’il est possible de la tête, en observant cependant de ne point faire saigner l’animal. Un bon bélier est toujours payé à très-haut prix. ”
Édouard Lecouteux,
Traité élémentaire de l'agriculture du département de la Seine
(1840)
“ De quelque race que soit le bélier, il devra être parfaitement sain , bien constitué , n'avoir pas moins de dix-huit mois et pas plus de sept ou huit ans. L'âge de trois, ans est le meilleur. Un bélier peut servir soixante et quatre-vingts brebis. ”
