“ « Un terrain salé et reconnu amer est préjudiciable aux productions ; on ne saurait l’adoucir par le labourage ; il fait perdre au vin sa qualité, et aux fruits leur bonne réputation. » Au surplus, comme je l’ai dit plus haut, la vigne ne veut ni une température glaciale ni un climat brûlant ; pourtant elle s’accommode mieux de la chaleur que du froid ; les pluies lui nuisent plus qu’un temps constamment beau ; elle préfère, une contrée sèche à une contrée pluvieuse ; un air soufflant modérément et avec douceur lui est salutaire,tandis que les tempêtes lui sont nuisibles. ”
Columelle
Résumé
"De l’agriculture", œuvre du romain Columelle, est un traité encyclopédique du Ier siècle qui explore les pratiques agricoles, la viticulture et l’élevage avec une rigueur technique. Structuré en douze livres, il mêle conseils pratiques, observations empiriques et réflexions sur la gestion des sols, des vignobles et des animaux. Les thèmes dominants — vigne, sarments, animaux, automne — révèlent une attention aux cycles naturels et aux conditions climatiques idéales.
L’ouvrage, à la fois manuel et philosophie de la terre, insiste sur l’équilibre entre exploitation et préservation, illustré par des exemples concrets comme l’entretien des vignes ou la culture de la luzerne. Son influence perdure dans les textes agricoles anciens, marquant l’importance de la science du sol dans la civilisation romaine.
Citations de De l’agriculture (Columelle)
“ Lorsqu’ils éprouvent des nausées, la râpure d’ivoire mêlée avec du sel grillé et de la farine fine de fèves, et donnée à jeun avant de les conduire au pâturage, est regardée comme un remède salutaire. Il arrive quelquefois que tout le troupeau est tellement malade, qu’il maigrit, refuse les aliments, s’abat au milieu du champ dans lequel on l’a conduit, et, sous le soleil ardent de l’été, succombe au sommeil comme s’il était frappé de léthargie. ”
“ Il faut donc chercher un air tempéré par le chaud et la fraîcheur, tel qu’on l’obtient sur le flanc d’une colline, où l’on ne soit pas, durant l’hiver, engourdi par les frimas, ni pendant l’été, rôti par les ardeurs du soleil ; en s’établissant sur le sommet d’une montagne, on aurait à souffrir du moindre souffle du vent et des pluies qui y sévissent toute l’année. ”
