“ Indiquer les principes de la culture du raisin de table, montrer cruelles précautions nécessite la viticulture horticole, c’est déjà faire comprendre combien exige de sollicitude Intelligente la viticulture pratiquée en grand. Il y a là un sujet d’étude entièrement distinct, et la production du raisin nous amène à rechercher, dans un prochain travail, quelles sont les conditions imposées à la fabrication du vin, et quelles ressources assure à notre pays cette branche précieuse de son industrie agricole. ”
Viticulture
Définition et enjeux
La viticulture, activité agricole consacrée à la culture des vignes afin de produire des raisins, représente un pilier de l'agriculture et de l'œnologie. Depuis l'Antiquité, elle a attiré l'attention de nombreux auteurs, comme Payen, qui soulignait sa complexité technique, ou Jules Guyot, qui proposait des méthodes de conduite des vignes.
Ces approches, mêlant science et pratique, mettent en évidence une discipline en constante évolution, ancrée dans les terroirs et les traditions, tout en répondant aux enjeux climatiques et économiques actuels.
Citations sur la viticulture
Paul Cunisset-Carnot,
Le livre d'agriculture...
(1905)
“ La vigne est un arbuste sarmenteux. On la cultive pour son fruit à grappes, le raisin, qui entre directement dans la consommation comme fruit de table, mais dont là véritable importance est de servir à faire le vin. C'est par la production du vin que la viticulture contribue dans une large proportion à la richesse agricole de la France. ”
Eugène Kemmerer, Histoire de l'île de Ré depuis les premiers temps historiques jusqu'à nos jours… (1868)
“ Cette vigne est ma propriété, ma chose , et vous n'avez pas le droit de me mettre en tutelle. Si le bon Dieu fait mûrir mes raisins avant les vôtres, est-il juste que votre ban se permette de faire attendre ma récolte? La viticulture est une science, et vous ne voulez pas m'imposer sans doute les vieilleries de siècles qui ne sont plus. Parce que vos raisins sont mûrs, mes raisins doivent l'être ; parce que vous vous hâtez d'entasser les raisins sains avec les grappes décomposées , vertes , moisies, etc. ”
Claude Coussin, Catéchisme agricole (2e édition… (1864)
“ La viticulture est l'art de cultiver la vigne, de faires choix des cépages qui peuvent améliorer la qualité des vins, de connaître la nature du sol et l'exposition des lieux qui lui conviennent, la plantation, la taille et les soins qu'elle réclame, le moyen d'extraire le vin des raisins et de le soigner quand il est dans les fûts. L'arboriculture est l'art de cultiver, de tailler, de reproduire par semis,drageons, boutures, marcottes et greffes; les arbres à fruit qui peuplent nos jardins, nos vergers, etc. ”
Jules Guyot,
Culture de la vigne et vinification
(1864)
“ Oui, la viticulture en grand pour la production des vins peut se traduire en une seule méthode plus productive et plus avantageuse qu'aucune autre méthode, à l'exception de la culture des raisins de table ou des cépages à vin cultivés dans des sols très-riches et très-chauds, où la vigne peut être mêlée avec avantage à d'autres cultures et même les protéger, et à l'exception aussi des sites trop tourmentés pour être soumis à des mesures régulières. ”
Sylvère Le Roux, Traité de la vigne et le vin en Algérie et en Tunisie… (1894)
“ C'est la vinification qui commence, et l'art de la vinification est aussi nécessaire au propriétaire de vignobles que celui de la viticulture. Suivant que le travail de la nature a été avec plus ou moins aidé de méthode pendant la transformation du raisin en vin, le résultat définitif de la récolte sera plus ou moins heureux. ”
Pascal Duguet, Rapport présenté à la Société d'agriculture… (1867)
“ Nous arrivons maintenant, Messieurs, à la viticulture proprement dite, et à l'examen de cette partie des rapports de M. Guyot. La culture de la vigne est-elle partout basée sur les lois de la physiologie végétale, sur les besoins réels de ce précieux arbuste? ”
Louis Théron de Montaugé, L'agriculture et les classes rurales dans le pays toulousain depuis le milieu du dix huitième siècle (1869)
“ La vigne : détails sur la viticulture et la vinification. — Effets du régime des traites et des douanes. — Les bois : augmentation des prix. — Défrichements. — Mesures conservatoires. — Cultures industrielles : pastel. — Sériciculture. — Plantes potagères. — Plantes oléagineuses et textiles. A côté des plantes fourragères et des céréales, la vigne occupait une place importante dans nos cultures sous l'ancien régime. La nature du sol, le climat, l'abondance de la main-d'oeuvre, tout la favorisait, tout, excepté le vigneron lui-même et les lois en vigueur. ”
Jules Guyot,
Culture de la vigne et vinification
(1860)
“ Cet accueil prouve encore que les progrès de la viticulture et de la vinification sont dans tous les esprits et que les temps de la bonne vigne et du bon vin vont revenir. La découverte d'une vérité ou d'un progrès n'appartient point à un seul ni même à quelques-uns. ”
Ch Jobit, Etude sur la viticulture et sur la vinification dans le département de la Charente (1867)
“ Ce manque de façons est dû aux causes que j'ai signalées plus haut, savoir : que la viticulture n'est qu'une branche de l'exploitation agricole de chaque propriétaire, tandis que si, au lieu d'être une partie, elle était le tout, les façons seraient plus nombreuses et données en meilleur temps. ”
Romuald Dejernon, La vigne en France et spécialement dans le Sud-Ouest… (1866)
“ La viticulture ne sera réellement florissante, que lorsque le propriétaire de vignes, grand ou petit, que lorsque tout vigneron se sera familiarisé avec les principes scientifiques et économiques qui dirigent cette science, lorsqu'il pourra se rendre compte du mérite de la culture qu'il a entreprise, de ses rapports, de ses conséquences. ”
P. Guérin, Le phylloxera et les vignes de l'avenir (1875)
“ Les vignes des Montagnes Rocheuses, du Texas, de la Californie, des Etats du Nord de l'Amérique et leurs innombrables variétés ajouteraient à tous les besoins de la viticulture, d'autant plus qu'elles sont robustes, souvent très précoces, à l'abri de l'infection, bravant, pour la plupart, les froids les plus rigoureux, et offrant, par leurs goûts, leurs couleurs1, un choix immense, lequel servira au moins d'auxiliaire à la plupart de nos vignobles ordinaires et même à la production plus abondante de nos eaux-de-vie. ”
J.-M. Grivel, Projet d'enquête viticole : accompagné de divers autres projets relatifs à la viticulture et à l'industrie des vins… (1867)
“ Notre domaine viticole peut encore s'agrandir et voir augmenter considérablement son rendement, mais les viticulteurs doivent s'attacher à produire le vin de bonne qualité. Si nous récoltons tant de vins détestables, c'est au désordre de la viticulture qu'il faut en attribuer la cause et au morcellement indéfini des vignobles, lequel donne lieu à une question intéressante d'économie agricole sur laquelle on voudra bien nous permettre de dire quelques mots en passant. ”
Ch Jobit, Etude sur la viticulture et sur la vinification dans le département de la Charente (1867)
“ Moyens pour obtenir la plus grande production. Voici quels sont ces moyens. Pour avoir des vignes tou- jours jeunes, il faut établir une rotation continuelle, qui oblige à arracher et à planter tous les ans ; pour avoir un bon terrain, il faut, s'il n'a pas les qualités intrinsèques demandées, lui donner ces qualités; pour avoir une vigne bien tenue et bien amendée, il faut faire de la viticulture une spécialité, afin de pouvoir lui consacrer tout son temps et tous ses engrais. ”
Jules Guyot,
Culture de la vigne et vinification
(1861)
“ La viticulture, conduite comme je- viens de le dire, et complétée par la préservation régulière et permanente, passe au rang des industries à produits certains et à rendement calculable, comme la culture des pêchers à Montreuil, et la culture des chasselas à Thomery. ”
Pierre Constant Guillory, Les vins blancs d'Anjou et de Maine-et-Loire… (1874)
“ Ainsi, d'un côté, extension de la culture de la vigne par suite de plantations nouvelles; d'un autre, augmentation de produits par l'amélioration de ceux dont le commerce ne pouvait guère tirer parti directement : tels sont les deux symptômes que nous pouvons constater dans l'ensemble de nos vignobles. Nous avons également à signaler une cir- constance qui doit exercer une grande influence sur l'avenir de notre viticulture. ”
La reconstitution des vignobles dans le canton de Cadillac… (1900)
“ Ces champs sont plantés de vignes greffées et comprennent les cépages blancs et rouges de la région. Les élèves font de fréquentes visites dans les exploitations les mieux tenues de la région; ils y suivent les diverses opérations de la viticulture et de la vinification; on leur fait comprendre les résultats économiques donnés par les diverses méthodes de culture. ”
Jules Guyot,
Culture de la vigne et vinification
(1860)
“ La récolte des raisins ou la vendange est le premier acte de la vinification, le dernier et le seul but de la viticulture. La vendange est le fait suprême qui résume et sanctionne tous les travaux du. ”
Jean Clément Prieur, Étude sur la viticulture et sur la vinification dans le département de la Charente (1867)
“ L'influence de la culture de la vigne, du travail assidu qu'elle exige, de l'aisance qu'elle répand, se manifeste d'une manière sensible chez nos populations agricoles par les symptômes les plus consolants pour l'homme d'État et pour le bon citoyen : une santé robuste, une gaieté franche, l'amour de l'ordre et d'une liberté sans licence, par-dessus tout l'esprit de conservation et l'affection pour le sol natal, telles sont les qualités qui distinguent le vigneron. ”
Jean Clément Prieur, Étude sur la viticulture et sur la vinification dans le département de la Charente (1867)
“ Nous pensons, au contraire, que les produits de la vigne subissent l'influence complexe du milieu dans lequel vit l'arbuste, du sol qui le nourrit, du cépage qui le produit, du climat qui le fait mûrir, et nous pouvons ajouter encore de la culture à laquelle il est soumis, et du mode de vinification. ”
Antoine Chapelle, Étude sur la viticulture et la vinification dans le département de la Charente (1866)
“ Ainsi, la vigne, quand elle n'est pas mutilée par la main de l'homme et qu'elle trouve une nature propice à sa croissance, arrive à un développement considérable. Ajoutons qu'à l'état sauvage, elle résiste mieux que la vigne cultivée à l'inclémence des saisons et aux atteintes de la maladie. Mais, dans ces conditions, elle ne donne que des grappes petites, peu chargées de grains, d'un goût acerbe et d'une maturité variable, incomplète. ”
Jean Clément Prieur, Étude sur la viticulture et sur la vinification dans le département de la Charente (1867)
“ On taille comme on a vu tailler; la vigne produit une moyenne traditionnelle de laquelle on se contente, comme s'en contentaient nos pères; la vigne vit enfin, et l'on ne suppose pas qu'elle doive ou puisse donner des produits plus considérables, encore moins songe-t-on à modifier la culture dans ce but. ”
Ch Jobit, Etude sur la viticulture et sur la vinification dans le département de la Charente (1867)
“ Or, si nous jugeons des autres contrées par la nôtre, on peut dire que dans toute la France la vigne ne produit à peu près que la moitié de ce qu'elle produirait si on parvenait à lui faire occuper les terrains qui ne conviennent qu'à elle, et à retirer de sa puissance productrice tout ce que peut en retirer une bonne culture. ”
Antoine Chapelle, Étude sur la viticulture et la vinification dans le département de la Charente (1866)
“ Les jeunes bourgeons les plus rapprochés de la terre, et partant les plus exposés à l'humidité, furent ceux qui éprouvèrent de la part du fléau l'action la plus vive et la plus directe. Il est donc permis de dire qu'un choix judicieux du terrain et une culture intelligente de la vigne suffisent ordinairement pour mettre cet arbrisseau à l'abri des funestes effets des gelées blanches. ”
Ch Jobit, Etude sur la viticulture et sur la vinification dans le département de la Charente (1867)
“ Il est pour vous du plus grand intérêt de réussir votre vigne du premier coup ; une vigne manquée demande trois ou quatre années de plus pour atteindre sa période de production. Elle exige des remplacements de ceps et des frais continuels ; et elle se forme rarement aussi belle, aussi productive que celle réussie dès la première plantation; ainsi l'économie devient onéreuse, l'empressement devient une cause de retard. ”
Ch Jobit, Etude sur la viticulture et sur la vinification dans le département de la Charente (1867)
“ Tous les ceps qui bordent les côtés d'une vigne en plein, même d'une vigne en allées de quatre rangs ou davantage, lorsqu'ils sont côtoyés par une terre labourée, sont non-seulement plus vigoureux que ceux intérieurs, mais encore beaucoup plus productifs ”
J.-M. Grivel, Projet d'enquête viticole : accompagné de divers autres projets relatifs à la viticulture et à l'industrie des vins… (1867)
“ La culture de la vigne en devenant notre spécialité agricole est à même de produire beaucoup plus qu'elle ne pourrait naturellement le faire si nos agriculteurs se livraient indistinctement à des cultures diverses. La production du vin augmente rapidement et dans une forte proportion. Nous en avons récolté quatre fois plus dans la période décennale qui vient de s'écouler et qui a été close en 1866, qu'on n'en récolta dans la période cor, respondante qui précèda la Révolution. De 1840 à 1850, la moyenne de cette production, était de 75 à 80 millions d'hectolitres. ”
Jean Clément Prieur, Étude sur la viticulture et sur la vinification dans le département de la Charente (1867)
“ Le spectacle d'un vignoble ravagé par ce fléau est toujours navrant; il n'y a qu'un instant tout végétait, tout prospérait à l'envi; le vigneron, jetant dans un plateau de la balance ses tribulations et ses sueurs, dans l'autre ses espérances basées sur des récoltes bien réussies, se sentait allègre et joyeux, il n'entrevoyait plus que la ré- compense due à ses labeurs. Et tout à coup, sous un coup de vent qui pousse devant lui la désolation, tout disparaît, tout croule, tout périt : récoltes splendides, brillantes espérances, tout s'enfuit. ”
J.-B. Chapelle, Traité d'agriculture, à l'usage du midi de la France… (1893)
“ En Europe, et particulièrement en Portugal, en Espagne, en Italie, en Suisse, etc., la culture de la vigne est aussi très importante. En Asie, en Afrique, en Australie et en Amérique, on trouve également des vignes cultivées, soit pour les raisins de table, soit pour la production du vin. Mais la culture de la vigne n'est bien assise qu'en Europe et particulièrement en France, qui, tant par la quantité que par la qualité du vin produit, occupe le premier rang. ”
J.-M. Grivel, Projet d'enquête viticole : accompagné de divers autres projets relatifs à la viticulture et à l'industrie des vins… (1867)
“ Encouragés par les succès qu'ils obtiennent, depuis douze à quinze ans que la production vinicole est extrêmement abondante, nos vignerons mettent à forte contribution les ressources de la vigne dans les vignobles de création récente. Ils adoptent le système d'exploitation le moins dispendieux et eonrsidèrent comme le meilleur mode de culture celui qui favorise le plus leurs entreprises extra-productives. ”
Antoine Chapelle, Étude sur la viticulture et la vinification dans le département de la Charente (1866)
“ Or, cette opération, indépendamment du caractère onéreux qu'elle présente, est essentiellement préjudiciable à la qualité des vins de table, car l'observation montre que les raisins récoltés sur des vignes âgées ont des qualités plus hautes que ceux qui proviennent des vignes jeunes. Au reste, partout les plantes se développent mal, produisent incomplètement, lorsque les pieds sont trop rapprochés, que les racines s'enchevêtrent, que les tiges se confondent pour se disputer la terre, l'air, l'eau et la lumière, qui leur sont nécessaires. ”
François Rozier,
Cours d’agriculture
“ La vigne croît par tout : et, si l’on pouvoit juger de la qualité du vin par la vigueur de la végétation, ce seroit aux terrains gras, humides, et bien fumés, qu’on en confieroit la culture. Mais l’expérience nous a appris que presque jamais la bonté du vin n’est en rapport avec la force de la vigne ; l’on diroit que la nature, jalouse de répartir et d’affecter à chaque qualité de terre, un genre particulier de production, a réservé les terrains secs et légers pour la vigne, et a confié la culture des grains aux terres grasses et bien nourries. ”
Joseph-Dominique Guérard, Annales agricoles de la Lorraine… (1843)
“ Il serait sage de régler la production des vins sains et nécessaires à l'homme, que produit le pays, avec les besoins de sa consommation et du marché des Yôges. Nous examinons le fait traditionnel de la décroissance dans le produit de la vigne et la qualité du vin. Comme dans toutes les traditions, il peut y avoir du vrai dans celle-ci. Il paraît que le traitement de la vigne, plante délicate, s'écarte plus aujourd'hui des lois de la physiologie végétale que dans le XVIIe siècle, par exemple. ”
Ambroise Rendu, Enseignement historique et géographique… (1857)
“ Avant tous les arbres à fruit, il faut placer la vigne, à laquelle la France doit une grande partie de sa richesse. Elle occupe, avons-nous dit, à elle seule deux millions d'hectares (n° ftl) , où l'on récolte environ trente-cinq millions d'hectolitres de vin chaque année. La différence des températures, des terrains, des expositions influe sur les qualités du raisin et lui fait produire ces mille espèces de vins, supérieurs pour la plupart, mais de saveurs et de propriétés si diverses, qui répondent à tous les besoins et à tous les goûts. ”
Gros, Mémoire sur la culture de la vigne et la vinification… (1829)
“ Il ne faut pas qu'il augure de là que les terres les plus sèches , même les terres stériles lui conviennent le mieux ; parce que sans un peu d'humidité , la vigne ne saurait exister. Il s'interdira , en conséquence , s'il veut du bon vin , les plaines où reposent les terres grasses, argileuses, qui fournissant une sève trop abondante , mal élaborée , ne font produire que du bois à la vigne , ou des raisins aqueux , sans principe sucré , vraie base du bon vin. ”
Charles de Franciosi, Lettres à Mme Z. L. sur la botanique (1858)
“ Ceux de la France sont déjà bien nombreux , soixante-treize départements les fournissent ; la culture de la vigne occupe 1,868,000 hectares, répartis entre 5,000,000 de propriétaires ou de cultivateurs, payant en impôt indirect 200,000,000 de francs. Faut-il vous dire : Les vins de l'Est ont le goût, de pierre à fusil ; ceux du Midi, le goût de cuit ; ceux de Bordeaux , le goût d'encens ; ceux de Bourgogne, le goût d'églantier , de rose fanée ; ceux de l'Orléanais et de la Touraine , le goût de framboise et de violette pour les rouges , de fleurs de sureau pour les blancs ? ”
