Pierre Du Ryer

Élements biographiques

Pierre Du Ryer,  Alcimédon

“ Je dis en même temps, ce n’est pas là Phénice.
NERINE.
Est-elle si semblable à ce premier objet
Qui fut jadis ta Reine, et dont tu fus sujet ?
SCAMANDRE.
Nerine, je ne sais tant elle lui ressemble
Si j’aime l’une ou l’autre, ou bien les deux ensemble,
Ton fidèle miroir ne te reçoit pas mieux,
Que Daphné représente et son port et ses yeux.
PHILANTE.
Scamandre, ton discours doit s’accorder au nôtre,
Tu n’aimes en Daphné que le portrait d’une autre.
SCAMANDRE.
Ha je vois bien que j’aime un portrait seulement,
Puisqu’elle est insensible aux peines d’un amant.
”
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Pierre Du Ryer,  Dynamis, reine de Carie

“ Rendent les Rois puissants, que vous êtes puissante !
Scène III
Trasile, seul. Vois donc, n'ai-je pas formé qu'un fantôme trompeur,
Lorsque ce grand dessein se formait dans mon coeur ?
N'ai-je, par des chemins mal assurés et sombres,
Comme dans un sommeil poursuivi que des ombres ?
Il n'importe, avançons ; c'est mon but et mon sort
Ou d'emporter un Sceptre, ou d'embrasser la mort :
Aussi bien quand l'esprit pour la gloire s'enflamme,
Qui vit sans la Grandeur est privé de son âme !
Suivons ce que la rage a de plus violent,
Le Trône est toujours beau, quand même il est sanglant.
”
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Pierre Du Ryer,  Les Vendanges de Suresnes comédie

“ Tirsis
Un petit mal de coeur, mais j'en suis allégé.
Est-elle à ton amour favorable ou cruelle ?
Polidor
Je serais indiscret si je me plaignais d'elle.
Tirsis
T'aime-t-elle ?
Polidor
Ha Tirsis ! Jusqu'à ce triste jour
Ma timidité seule a caché mon amour.
J'ose lui dire tout, excepté que je l'aime :
Mais plus mon feu se cache et plus il est extrême,
Et lorsqu'il entretient ma secrète douleur,
Bien qu'il soit sans éclat il n'est pas sans chaleur.
Peut-être, cher Ami, qu'en aimant Dorimène
Il ne tient qu'à parler pour alourdir ma peine.
”
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