“ Je me rendrais l’appui de la gloire des Rois,Je vengerais le trône ou bien je périrais.DIOCLÉE. Laissez faire le Roi.LYDIE. Le Roi même autoriseOu semble autoriser cette injuste entreprise. Un rebelle aime un trône, un Roi l’y veut porter,Et lui-même en descend pour l’y faire monter ;Ô Dieux ! Le souffrez-vous ?DIOCLÉE. Rendez-vous-en certaineDevant que de montrer une si juste haine,Si d’un si fol amour il s’était détaché Votre haine est un feu qu’on doit tenir caché.LYDIE. J’empêcherai du moins en la faisant paraîtreQu’en ce cœur aveuglé l’amour puisse renaître. ”
Pierre Du Ryer
Résumé
"Alcionée", tragédie de Pierre Du Ryer, explore les tensions entre amour, pouvoir et destin. Cette œuvre, marquée par des thèmes d'horreur, de haine et de souffrance, met en scène des personnages comme Alcire, Lydie et le Roi, plongés dans des conflits politiques et émotionnels.
Les dialogues révèlent des luttes pour la gloire, des crimes et des insurrections, illustrant la fragilité des rapports de force. Le texte, à travers des citations percutantes, souligne l'ambiguïté entre représailles et justice, reflétant les enjeux dramatiques de l'époque.
Citations de Alcionée (Pierre Du Ryer)
“ Que ce cœur qui le plaint ne lui donne des pleurs.Peut-être croiras-tu qu’une amitié peu sageÀ ma confusion s’exprime en ce langage, Et que ce premier feu qui me brûla pour luiExcité par ses maux se rallume aujourd’hui :Non, non, un lâche Amour n’offense point ma gloire,Mon courage en remporte une illustre victoire,Et si je pleure enfin, je pleure justement Un Héros misérable et non pas un Amant.On peut plaindre sans honte, et même avec estime Ce qu’on ne peut aimer, et sans honte, et sans crime. ”
“ Le Roi avec Lydie, Alcire, Callisthène.ALCIRE. Oui Sire, il veut partir.CALLISTHÈNE. Et dans cette disgrâceIl semble qu’il murmure.ALCIRE. Il semble qu’il menace.LE ROI. Qu’il menace, qu’il crie, il n’est plus en état De faire appréhender un second attentat.CALLISTHÈNE. Sire, il y faut y penser, de généreux couragesSont toujours en état d’exciter des orages ;Et le malheur des Rois, de tout temps a permisQu’un bras qui se révolte ait trouvé des amis. ALCIRE. Déjà, Sire, déjà son murmure est un crime,Dont la punition est toujours légitime. ”
