Marie-Anne Barbier

Résumé

Marie-Anne Barbier Tomyris

Cyrus jusqu’aujourd’hui n’ait accru cette flâme.
Mais que je l’aime encore après sa lâcheté !
Non, mon cœur n’est point fait pour cette indignité.
Je ne vois plus en lui que l’objet de ma haine.
Aryante.
Ah ! Dieux ! que n’est-il vrai ! sa mort seroit certaine ;
Et son sang...
Mandane.
Et son sang... Arrêtés, moderez ce transport,
Ce seroit l’épargner que lui donner la mort.
Qu’il vive dans vos fers, que pour prix de son crime,
D’un éternel remors son cœur soit la victime.
Aryante.
Et vous le haïssez ?
Mandane.
Et vous le haïssez ? Si je le hais ! grands Dieux !
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Marie-Anne Barbier Tomyris

Pour trahir ses sermens elle aime trop sa gloire ;
Et du don de son cœur je serois peu jaloux,
S’il s’étoit oublié jusqu’à bruler pour vous.
Aryante.
A quel point osez-vous vous oublier vous-même ?
Quoi ? tout chargé de fers... Dieux ! quel orgueil extrême !
Vaincu, jusqu’au mépris vous portez votre cœur ;
Que feriez-vous de plus si vous êtiez vainqueur ?
Cyrus.
Si le destin sur vous m’eût donné la victoire,
Mon cœur à s’abaisser eût mis toute sa gloire.
N’en doutez point, Seigneur ; des Rois tels que Cyrus,
Ne sont jamais plus fiers que lorsqu’ils sont vaincus.
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Marie-Anne Barbier Tomyris

Mon cœur, je l’avourai, se flatoit en secret,
Qu’on me perdroit du moins avec quelque regret.
Mandane.
Hé sur quoi fondiez-vous cette vaine esperance ?
Devois-je être fidelle après votre inconstance ?
En me sacrifiant vous étiez-vous flatté
Du barbare plaisir de vous voir regretté ?
Ah ! vous jouiriez trop de votre sacrifice ;
Et moi, je traiterois avec trop d’injustice
L’ardeur d’un tendre amant ou plûtôt d’un Epoux,
Qui d’un cœur sans partage est plus digne que vous.
Cyrus.
O Ciel ! il est donc vrai ? votre cœur infidéle
Brule pour mon Rival d’une flâme nouvelle
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