Marie-Anne Barbier

Élements biographiques

Marie-Anne Barbier,  Théâtre de Mademoiselle Barbier

“ O Destins ! ce que j’aime est ce qu’il me faut craindre.
Octavie.
Ah ! Seigneur, parlez-vous ou d’Antoine, ou de moi ?
Cesar.
Je parle des ingrats qui me manquent de foi.
Octavie.
Sous ces traits odieux puis-je me reconnoître ?
Cesar.
Vous m’aimez, je le sçai : mais Antoine est un traître
Il ose à la révolte exciter mes soldats.
Octavie.
Ah ! souffrez jusqu’à lui que je porte mes pas :
C’est pour me trop aimer qu’il vous est infidéle :
Mais de son repentir fiez-vous à mon zele,
J’attendrirai son cœur à force de pleurer ;
Mes yeux ont fait le crime, ils vont le reparer.
”
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Marie-Anne Barbier,  Tomyris

“ Cyrus jusqu’aujourd’hui n’ait accru cette flâme.
Mais que je l’aime encore après sa lâcheté !
Non, mon cœur n’est point fait pour cette indignité.
Je ne vois plus en lui que l’objet de ma haine.
Aryante.
Ah ! Dieux ! que n’est-il vrai ! sa mort seroit certaine ;
Et son sang...
Mandane.
Et son sang... Arrêtés, moderez ce transport,
Ce seroit l’épargner que lui donner la mort.
Qu’il vive dans vos fers, que pour prix de son crime,
D’un éternel remors son cœur soit la victime.
Aryante.
Et vous le haïssez ?
Mandane.
Et vous le haïssez ? Si je le hais ! grands Dieux !
”
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Marie-Anne Barbier,  Théâtre de Mademoiselle Barbier

“ Le bien que vous m’ôtez n’en est pas un pour lui.
Cesar.
Je ne sçai si Brutus s’abaisse jusqu’à feindre ;
Mais de mon changement il auroit à se plaindre,
Et ce n’est pas à moi, quoi qu’il ait projetté,
De lui servir d’exemple à l’infidelité.
Antoine.
Non, non, ce n’est point là ce qui vous inquiette,
Vous n’aspirez, Seigneur, qu’à voir Rome sujette,
Et voilà d’où me vient le sort dont je me plains ;
Brutus peut au Sénat traverser vos desseins,
Vous craignez seulement qu’il ne vous soit contraire,
Vous l’avouez vous-même, il vous est nécessaire
”
Source : Wikisource

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