Résumé

Marie-Anne Barbier Théâtre de Mademoiselle Barbier

O Destins ! ce que j’aime est ce qu’il me faut craindre.
Octavie.
Ah ! Seigneur, parlez-vous ou d’Antoine, ou de moi ?
Cesar.
Je parle des ingrats qui me manquent de foi.
Octavie.
Sous ces traits odieux puis-je me reconnoître ?
Cesar.
Vous m’aimez, je le sçai : mais Antoine est un traître
Il ose à la révolte exciter mes soldats.
Octavie.
Ah ! souffrez jusqu’à lui que je porte mes pas :
C’est pour me trop aimer qu’il vous est infidéle :
Mais de son repentir fiez-vous à mon zele,
J’attendrirai son cœur à force de pleurer ;
Mes yeux ont fait le crime, ils vont le reparer.
Source : Wikisource

Marie-Anne Barbier Théâtre de Mademoiselle Barbier

Le bien que vous m’ôtez n’en est pas un pour lui.
Cesar.
Je ne sçai si Brutus s’abaisse jusqu’à feindre ;
Mais de mon changement il auroit à se plaindre,
Et ce n’est pas à moi, quoi qu’il ait projetté,
De lui servir d’exemple à l’infidelité.
Antoine.
Non, non, ce n’est point là ce qui vous inquiette,
Vous n’aspirez, Seigneur, qu’à voir Rome sujette,
Et voilà d’où me vient le sort dont je me plains ;
Brutus peut au Sénat traverser vos desseins,
Vous craignez seulement qu’il ne vous soit contraire,
Vous l’avouez vous-même, il vous est nécessaire
Source : Wikisource

Marie-Anne Barbier Théâtre de Mademoiselle Barbier

Et rien ne pourroit plus m’assurer de son cœur,
Si je l’abandonnois à son premier vainqueur.
Ah ! j’ai trop d’intérêt de rompre cette chaîne :
A travers vos discours j’entrevois votre haine,
Je vois mon ennemi, le plus cruel de tous,
L’implacable Caton revivre encor en vous,
Et si je n’arrêtois cette haine fatale,
Rome ne seroit plus bientôt qu’une Pharsale :
C’est par moi qu’elle vit sous de paisibles loix ;
Qu’elle goûte à jamais le fruit de mes exploits.
Porcie.
Quels exploits ! Et quel fruit Rome en peut-elle attendre,
Lorsqu’elle perd un bien que rien ne peut lui rendre ?
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature