Catherine Bernard

Brutus (1690)

Résumé

Catherine Bernard,  Brutus (1690)

“ Et croyez-moy, Seigneur, pour les cœurs delicats
L’hymen n’est point heureux, quand l’amour ne l’est pas.
TIBERINUS.
Je serai malheureux, & je suis né pour l’étre.
Dés long-tems vos rigueurs me l’avoient fait connoître ;
Mais je sçaurai du moins les moyens d’empécher
Qu’on jouysse d’un bien qu’on pretend m’arracher.
Dans l’état où je suis un seul espoir me reste ;
Il faut qu’à mon rival mon malheur soit funeste.
S’il garde vôtre cœur quand j’aurai vôtre foy,
Il est en vous perdant plus malheureux que moy.
AQUILIE.
Plus malheureux que vous ! Gardez-vous de le croire.
”
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Catherine Bernard,  Brutus (1690)

“ La conjuration peut d’ailleurs éclater,
Il sera plus ardent à venger sa Patrie,
Que si par son silence il ne l’eust point trahie,
Et contre les Tarquins justement animé,
Il se justifira d’avoir trop bien aimé.
AQUILIE.
Et cependant, Seigneur, quel destin dois-je attendre ?
D’être à Tiberinus, qui pourra me deffendre ?
TITUS.
Hé bien, que vous importe ? il va se faire aimer,
Vous sacrifiant Rome, il sçaura vous charmer.
Car enfin, ce n’est plus l’Amour qui vous inspire,
À servir les Tarquins tout vôtre cœur aspire.
”
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Catherine Bernard,  Brutus (1690)

“ VALERIE, PLAUTINE
VALERIE.
Il me fuit ; Et demain un nœud sacré nous lie.
Il me fuit ; Et peut-être il court vers Aquilie.
Je soupçonne qu’il l’aime, & mes cruels soubçons
S’augmentent tous les jours par de tristes raisons.
PLAUTINE.
Non, Madame, il ne peut vous avoir aperçuë.
VALERIE.
Il la cherche sans doute, & ne m’a que trop vûë,
Vangeons-nous pour calmer l’inutile regret
De luy voir de l’amour, sans en être l’objet.
PLAUTINE.
Peut-être trop d’amour vous donne des allarmes,
Peut-être on le verroit plus soûmis à vos charmes,
S’il connoissoit l’amour qui sçût vous enflâmer.
”
Source : Wikisource

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