Résumé

Portrait de Jean Racine Jean Racine Andromaque/Édition Girard, 1668

Il faut vous oublier, ou plûtost vous haïr.
Oüy, mes vœux ont trop loin poussé leur violence
Pour ne plus s’arrester que dans l’indifference.
Songez-y bien. Il faut desormais que mon Cœur,
S’il n’aime auec transport, haïsse auec fureur.
Ie n’épargneray rien dans ma juste colere.
Le Fils me répondra des mépris de la Mere,
La Gréce le demande, & je ne prétens pas
Mettre toûjours ma gloire à sauuer des Ingrats
ANDROMAQVE.
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Portrait de Jean Racine Jean Racine Andromaque/Édition Girard, 1668

Pyrrhus de mon Hector semble auoir pris la place.
Ie n’ay que trop, Madame, éprouué son courroux,
I’aurois plus de sujet de m’en plaindre que vous.
Pour derniere rigueur, ton amitié cruelle,
Pyrrhus, à mon Epoux me rendoit infidelle.
Ie t’en allois punir. Mais le Ciel m’est témoin,
Que je ne poussois pas ma vangeance si loin,
Et sans verser ton sang, ny causer tant d’allarmes,
Il ne t’en eust cousté peut-estre que des larmes.
HERMIONNE.
Quoy ? Pyrrhus est donc mort !
ORESTE.
Quoy ? Pyrrhus est donc mort !Oüy, nos Grecs irritez
Ont laué dans son sang ses infidelitez.
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Portrait de Jean Racine Jean Racine Andromaque/Édition Girard, 1668

Allez ailleurs vanter vostre constance,
Et me laissez icy le soin de ma vangeance.
De mes lasches bontez mon courage est confus,
Et c’est trop en vn jour essuyer de refus.
Ie m’en vais seule au Temple, où leur hymen s’apreste,
Où vous n’osez aller meriter ma conqueste.
Là, de mon Ennemy je sçauray m’approcher.
Ie perceray le Cœur, que je n’ay pû toucher.
Et mes sanglantes mains sur moy-mesme tournées,
Aussi-tost, malgré luy, joindront nos destinées,
Et tout Ingrat qu’il est, il me sera plus doux
De mourir auec luy, que de viure auec vous.
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