Résumé

Portrait de Jean Racine Jean Racine La Thébaïde ou les Frères ennemis

Sur le cœur de César ne les vienne essayer,
Seule dans son palais la modeste Junie
Regarde leurs honneurs comme une ignominie,
Fuit, et ne daigne pas peut-être s'informer
Si César est aimable ou bien s'il sait aimer?
Dis-moi: Britannicus l'aime-t-il?
Narcisse
Quoi! s'il l'aime,
Seigneur?
Néron
Si jeune encor, se connaît-il lui-même?
D'un regard enchanteur connaît-il le poison?
Narcisse
Seigneur, l'amour toujours n'attend pas la raison.
N'en doutez point, il l'aime. Instruits par tant de charmes,
Ses yeux sont déjà faits à l'usage des larmes.
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Portrait de Jean Racine Jean Racine La Thébaïde ou les Frères ennemis

Vous n’avez plus, Seigneur, à craindre que vous-mesme :
On porte ses remords avec le diadème.
Créon
Quand on est sur le trosne, on a bien d’autres soins,
Et les remords sont ceux qui nous pèsent le moins.
Du plaisir de régner une ame possédée
De tout le temps passé détourne son idée ;
Et de tout autre objet un esprit éloigné
Croit n’avoir point vécu tant qu’il n’a point régné.
Mais allons. Le remords n’est pas ce qui me touche,
Et je n’ai plus un cœur que le crime effarouche :
Tous les premiers forfaits coûtent quelques efforts
Mais, Attale, on commet les seconds sans remords.
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Portrait de Jean Racine Jean Racine La Thébaïde ou les Frères ennemis

Créon mesme, Créon pour la paix se déclare !
Créon
Tu crois donc que la paix est l’objet de mes soins ?
Attale
Oui, je le crois, Seigneur, quand j’y pensais le moins ;
Et voyant qu’en effect ce beau soin vous anime,
J’admire à tous moments cet effort magnanime
Qui vous foit mettre enfin votre haine au tombeau.
Ménécée, en mourant, n’a rien foit de plus beau ;
Et qui peut immoler sa haine à sa patrie
Lui pourroit bien aussi sacrifier sa vie.
Créon
Ah ! sans doute, qui peut d’un généreux effort
Aimer son ennemi peut bien aimer la mort.
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