“ Oreste Seigneur, par ce conseil prudent & rigoureux, C’est acheter la Paix du sang d’un Malheureux. Pyrrhus Ouy. Mais je veux, Seigneur, l’assurer davantage. D’une éternelle Paix Hermione est le gage. Je l’épouse. Il sembloit qu’un spectacle si doux N’attendist en ces lieux qu’un Tesmoin tel que vous. Vous y représentez tous les Grecs & son Pere, Puis qu’en vous Menelas voit revivre son Frere. Voyez-la donc. Allez. Dites-luy que demain J’attens avec la Paix son Cœur de vostre main.Oreste Ah dieux ! Scène V Pyrrhus, PhoenixPyrrhusHE bien, Phœnix, l’amour est-il le Maistre ? ”
Jean Racine
Résumé
L'œuvre Œuvres de Racine, rassemblant les pièces du dramaturge classique Jean Racine, explore les tensions entre amour, ambition et destin. À travers des personnages comme Pyrrhus, Hermione ou Andromaque, elle dépeint des conflits émotionnels intenses, entrelacés de thèmes tels que la colère, le bonheur et les malheurs.
Les dialogues, riches en lyrisme, mettent en lumière les luttes intérieures et les enjeux politiques, reflétant la complexité des relations humaines dans un contexte tragique. Cette anthologie, publiée en plusieurs éditions, reste un pilier de la littérature française.
Citations de Œuvres de Racine (Jean Racine)
“ Le nom de Pere, Attale, est un titre vulgaire, C’est un don, que le Ciel ne nous refuse guere, Un bon-heur si commun n’a pour moy rien de doux. Ce n’est pas un bonheur s’il ne fait des jaloux. Mais le Trosne est un bien dont le Ciel est avare, Du reste des Mortels ce haut rang nous separe, Bien peu sont honnorez d’un don si pretieux, La Terre a moins de Roys que le Ciel n’a de Dieux. D’ailleurs tu sçais qu’Hémon adoroit la Princesse, Et qu’elle eut pour ce Prince une extréme tendresse, S’il vivoit, son amour au mien seroit fatal, En me privant d’un Fils le Ciel m’oste un Rival. ”
“ Cleone Et qu’est-ce que sa veuë a pour vous de funeste ? Madame, n’est-ce pas toujours le mesme Oreste, Dont vous avez cent fois souhaité le retour, Et dont vous regrettiez la constance & l’amour ?Hermione C’est cet amour payé de trop d’ingratitude, Qui me rend en ces Lieux sa presence si rude. Quelle honte pour moy ! Quel triomphe pour luy, De voir mon infortune égaler son ennuy ? Est-ce là, dira-t’il, cette fiere Hermione ? Elle me dédaignoit, une autre l’abandonne. L’Ingrate, qui mettoit son Cœur à si haut prix, Apprend donc à son tour à soussrir des mépris ? Ah Dieux ! ”
