Catherine Bernard

Résumé

Catherine Bernard Le Commerce galant (1682)

Je vous prie de profiter de cette leçon, & de ne répondre plus par un nom si froid à vostre Maître.
RÉPONSE AU RONDEAU.
RONDEAU.
Ouy, je vous hais, ce terme dois surprendre
Pour un objet à qui l’on veut se rendre ;
Pour un Amant, c’est mal faire sa Cour
Pour un Rondeau c’est un fort méchant tour,
Et tel adieu ne rend pas un cœur tendre.
Dans l’art d’aimer vous deviez mieux aprendre
Qu’on n’a jamais pour se bien faire entendre
Ecrit, on dit, quand on brûle d’amour,
Ouy, je vous hais.
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Catherine Bernard Le Commerce galant (1682)

Ils ont mesme plaisir, ils ont mesme tourment,
Si l’Amant est fait pour l’Amante,
L’Amante est faite pour l’Amant.
Pourquoy donc craignez-vous d’avoir un mesme sort que moy ? Que ferez-vous de ma tendresse si elle n’est pas suivie de la vostre ? Croyez moy, sans cela ce vous seroit une chose fort inutile, & peut-estre fort embarassante. Ne vous étonnés donc plus si je demande un soûpir à vostre Cœur, puis que le mien l’a déja payé par avance par un million de soûpirs.
C’est ce premier soupir que merite mon Cœur,
Le vostre a-t-il franchi ce pas si difficile ?
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Catherine Bernard Le Commerce galant (1682)

Je ne sçavois comprendre qu’une jeune personne de quinze à seize ans, sans étude & sans monde, pût avoir dans le fond d’une Province, toute la politesse de la Cour, un feu & une force d’esprit inconcevable, une penétration & une delicatesse sans égale, avec un discernement si fin & si épuré : Elle parle si bien & si juste de tout, sans avoir rien appris, qu’il semble que la nature luy ait donné tout ce qu’une longue étude donne aux autres.
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