Paul Scarron

Paul Scarron

Résumé

Portrait de Paul Scarron Paul Scarron Le prince corsaire

J'ay veu cent fois au fort de la tempeste,
L'onde aux Cieux se méler;
Le foudre étincelant, fendre, abbatre, brûler,
Des voiles, des masts sur ma teste.
Je l'ay veu des rocs ébranler,
Et faire mille éclats du débris de leur faiste.
Cent fois dans ma noble fureur,
Portant la guerre & la terreur,
Aussi loin qu'alloit mon courage,
J'ay veu la mort s'opposer à mes pas;
Mais qu'un visage plein d'appas,
Fait souvent trembler d'avantage,
Que le foudre, que le naufrage,
Que la guerre, & que le trépas!
SCENE II. OROSMANE, AMINTAS.
Orosmane.
Source : Gutenberg

Portrait de Paul Scarron Paul Scarron Le prince corsaire

A vostre inconsolable & malheureux Amant,
Que ne feroit jamais en sa plus grande rage,
Du cruel Nicanor le barbare courage.
Elise.
Mourons donc, cher Alcandre, & ne resistons plus
A l'injuste pouvoir des Destins absolus.
Orosmane.
Un malheureux, qu'opprime une indigne fortune,
Vous ayme, & souffrira qu'elle vous soit commune;
Un Prince trop heureux d'avoir porté vos fers,
Et trop recompensé des maux qu'il a soufferts,
Pour peu qu'en ses malheurs vous preniez part encore,
Verra mourir pour luy la beauté qu'il adore?
O Dieux!
Source : Gutenberg

Portrait de Paul Scarron Paul Scarron Le prince corsaire

Que mesme apres sa mort j'ayme si tendrement,
Peut-estre blasmez vous ma foible resistance;
Mais si jamais l'amour vous met sous sa puissance,
Si vous sçauez jamais ce que c'est que d'aymer,
Vous me plaindrez ma soeur, au lieu de me blasmer.
Alcionne.
Pour estre sans amour, on n'est pas sans tendresse,
Et je n'ay jamais crû l'amour une foiblesse,
Mais ce vaillant Alcandre en Cypre parvenu,
Jusqu'où peut s'eslever un merite connu,
Et puis que vous l'aymiez d'une ardeur non commune,
Heureux dans son amour plus que dans sa fortune,
Pourquoy s'esloigna-t'il?
Source : Gutenberg

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