Catherine Bernard

Élements biographiques

Catherine Bernard Brutus (1690)

VALERIE, PLAUTINE
VALERIE.
Il me fuit ; Et demain un nœud sacré nous lie.
Il me fuit ; Et peut-être il court vers Aquilie.
Je soupçonne qu’il l’aime, & mes cruels soubçons
S’augmentent tous les jours par de tristes raisons.
PLAUTINE.
Non, Madame, il ne peut vous avoir aperçuë.
VALERIE.
Il la cherche sans doute, & ne m’a que trop vûë,
Vangeons-nous pour calmer l’inutile regret
De luy voir de l’amour, sans en être l’objet.
PLAUTINE.
Peut-être trop d’amour vous donne des allarmes,
Peut-être on le verroit plus soûmis à vos charmes,
S’il connoissoit l’amour qui sçût vous enflâmer.
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Catherine Bernard Laodamie, reine d’Épire (1689)

GELON.
De quelle prompte horreur ai-je l’ame saisie ?
Un éternel adieu ! Vous m’arrachez la vie.
Où suis-je, juste Ciel ! ai-je bien entendu ?
Un éternel adieu, Madame, m’est-il dû ?
LA PRINCESSE.
Il le faut, je le dois ; la Reine est ma rivale.
On vous appelle au Trône, & ma flâme fatale
S’opposeroit aux vœux que font tous nos États,
Pourroit vous dérober le fruit de vos combats,
Démentiroit le Ciel qui pour vous se déclare ?
Hé ! que seroit de plus une haine barbare ?
Non, non, connoissez mieux l’amour qu’on a pour vous :
Si je vous aimois moins, vous seriez mon époux.
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Catherine Bernard Brutus (1690)

La conjuration peut d’ailleurs éclater,
Il sera plus ardent à venger sa Patrie,
Que si par son silence il ne l’eust point trahie,
Et contre les Tarquins justement animé,
Il se justifira d’avoir trop bien aimé.
AQUILIE.
Et cependant, Seigneur, quel destin dois-je attendre ?
D’être à Tiberinus, qui pourra me deffendre ?
TITUS.
Hé bien, que vous importe ? il va se faire aimer,
Vous sacrifiant Rome, il sçaura vous charmer.
Car enfin, ce n’est plus l’Amour qui vous inspire,
À servir les Tarquins tout vôtre cœur aspire.
Source : Wikisource

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