Hilaire-Bernard de Longepierre

Hilaire-Bernard de Longepierre

Résumé

Portrait de Hilaire-Bernard de Longepierre Hilaire-Bernard de Longepierre Médée tragédie en cinq actes et en vers

Elle règle ses vœux, et peut tout sur son âme : 70
Créüse seule, enfin, peut m’assurer Créon...
Eh bien ! L’amour, Iphite, aveugle-t-il Jason ?
IPHITE
C’est ainsi que l’amour, trop fertile en excuses,
Aveugle par son charme, et séduit par ses ruses.
Même en nous égarant, il feint de nous guider. 75
De ses pièges flatteurs songez à vous garder.
Eh quoi ! D’un autre amour votre âme possédée,
Trahira, les bienfaits et l’espoir de Médée ?
Ni les droits de l’hymen, ni sa fidèle ardeur.
JASON
Qu’un tel secours est faible, et défend mal mon cœur, 80
Iphite. Ah !
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Portrait de Hilaire-Bernard de Longepierre Hilaire-Bernard de Longepierre Médée tragédie en cinq actes et en vers

À Créüse bientôt je vais les envoyer. 815
Pour eux, au nom des Dieux, allez vous employer.
Adoucissez Créon, attendrissez Créüse.
L’amour a fait mon crime, il fera mon excuse :
C’est lui, c’est la douleur qui m’a fait égarer ;
Et par un prompt exil je vais tout réparer. 820
JASON
Que vous connaissez mal Créon et sa clémence !
Un si prompt repentir, désarmant sa vengeance,
Sensible à vos malheurs, ses soins et ses bienfaits
Adouciront vos maux, combleront mes souhaits.
Je vais remplir vos vœux et calmer sa colère. 825
MÉDÉE
Peignez-lui bien, Seigneur, mon repentir sincère.
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Portrait de Hilaire-Bernard de Longepierre Hilaire-Bernard de Longepierre Médée tragédie en cinq actes et en vers

On ne peut arracher le fatal vêtement.
Créon, saisi d’horreur, à l’arracher s’empresse. 1165
Mais du charme aussitôt la flamme vengeresse,
Dans son sein embrasé porte les mêmes feux :
Il se sent consumer d’un poison rigoureux.
Chacun s’occupe encor du péril qui les presse.
Servez-vous des moments que ce trouble vous laisse. 1170
Profitez de l’horreur qui règne dans ces lieux,
Et fuyez pour jamais leur aspect odieux.
MÉDÉE
Que je fuie ! Ah ! Rhodope, au comble de la gloire,
Quand sur mes ennemis j’emporte la victoire,
Que je fuie ! Ah !
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