Résumé

Claude Boyer Les Amours de Jupiter et de Sémélé

Est-ce orgueil, jalousie, inconstance, ou caprice ?
DIMAS.
Admirez et plaignez la rigueur de son sort ;
Ce grand Dieu, qui l’aimait, est l’auteur de sa mort.
ALCMÉON.
Quoi lui-même !
DIMAS.
Oui Seigneur, cet amant adorable,
Aux vœux de la Princesse un peu trop favorable,
Est descendu du Ciel, pour s’offrir à ses yeux,
Tel qu’il est, quand il règne, et tonne dans les Cieux.
De ce Dieu tout en feu la fatale présence...
ALCMÉON.
Quoi ce Dieu plein d’amour manque-t-il de puissance ?
Ou plutôt ce grand Dieu, pour lui sauver le jour,
Avec tant de puissance a-t-il manqué d’amour ?
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Claude Boyer Les Amours de Jupiter et de Sémélé

Ah ! Princesse, l’amour parle un autre langage ;
La seule ambition touche votre courage.
SÉMÉLÉ.
Quoi le grand Jupiter, un si parfait amant,
Ne peut-il d’un cœur tendre être aimé tendrement ?
ALCMÉON.
Peut-on l’aimer ainsi si son cœur est volage ?
SÉMÉLÉ.
Il suffit un moment d’avoir cet avantage :
Ce moment glorieux répand sur l’avenir
L’éternelle douceur d’un si beau souvenir.
Je vous perds à regret, et mon cœur en soupire ;
Je sais que votre hymen me promet un Empire ;
Mais l’hommage d’un Dieu, fût-il d’un seul moment,
Vaut cent trônes offerts des mains d’un autre amant.
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Claude Boyer Les Amours de Jupiter et de Sémélé

La foudre est dans vos yeux, et non pas dans ses mains.
Mais quoi l’air s’obscurcit et l’orage s’apprête...
JUPITER.
Quel changement soudain excite la tempête ?
Quand je suis sur la terre, il tonne dans les cieux.
ALCMÉON à Sémélé.
Il tonne, et c’est ici le grand maître des Dieux.
C’est à cet imposteur qu’il déclare la guerre.
JUPITER à Sémélé.
Junon quand il lui plaît peut former le tonnerre,
Elle est Reine des airs.
ALCMÉON.
Foudre tombe en ce lieu ;
Ta gloire est de punir le fantôme d’un Dieu.
JUPITER.
Sans doute que Junon en veut à ma Princesse.
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