Jean-Jacques Lefranc de Pompignan

Résumé

Jean-Jacques Lefranc de Pompignan,  Didon

“ Quand ce même Ilion subsisterait encor,
Dans les tombeaux de l’onde iriez-vous chercher Troie ?
Attendez que des mers le ciel ouvre la voie ; [950]
Et puisqu’il faut, enfin, vous perdre pour toujours,
Que je vous perde, au moins, sans craindre pour vos jours !
énée. .
À vos désirs, aux miens le ciel est inflexible.
Hélas ! Si vous m’aimez, montrez-vous moins sensible.
Obéissez en reine aux volontés du sort. [955]
Rien ne peut des Troyens modérer le transport
Effrayés par l’oracle et pleins d’un nouveau zèle,
Ils volent, dès ce jour, où le ciel les appelle.
”
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Jean-Jacques Lefranc de Pompignan,  Didon

“ Se peut-il que le ciel, que Junon m’en écarte,
Que je sois sans asile, et que les seuls Troyens
Perdent dans l’univers le droit de citoyens ? [380]
achate. .
Je ne reconnais point Énée à ce langage.
Ah ! Rougissez plutôt des bienfaits de Carthage.
Non, ce n’est point l’amour, c’est la guerre, seigneur,
Qui seule d’un héros doit payer la valeur.
Hâtez-vous de poursuivre une illustre conquête... [385]
Eh quoi ! Vous balancez ? Quel charme vous arrête ?
Qu’est devenu ce cœur si grand, si généreux
Que n’étonna jamais le sort le plus affreux ?
”
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Jean-Jacques Lefranc de Pompignan,  Didon

“ Que pour surprendre un cœur l’amour met en usage.
Je laisse à mes rivaux les soupirs, les langueurs,
Du luxe asiatique hommages séducteurs, [640]
Vains et lâches transports dont la vertu murmure,
Qu’enfante la mollesse et que suit le parjure.
Je vous offre ma main, mon trône, mes soldats.
Dites un mot, madame, et je vole aux combats.
Je dompterai, s’il faut, l’Afrique et votre frère ; [645]
Mais malheur au rival dont l’ardeur téméraire
Osera disputer à mon amour jaloux
Le bonheur de vous plaire et de vaincre pour vous !
”
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