“ Tous trois désavoueront la douleur qui te touche, Les larmes de tes yeux, les soupirs de ta bouche, L’horreur que tu fais voir d’un mari vertueux. Sabine, sois leur sœur, suis ton devoir comme eux. Contre ce cher époux Valère en vain s’anime : Un premier mouvement ne fut jamais un crime ; Et la louange est due, au lieu du châtiment, Quand la vertu produit ce premier mouvement. Aimer nos ennemis avec idolâtrie, De rage en leur trépas maudire la patrie, Souhaiter à l’état un malheur infini, C’est ce qu’on nomme crime, et ce qu’il a puni. ”
Pierre Corneille
Résumé
Horace, de Pierre Corneille, est une tragédie qui dévoile les conflits entre honneur, devoir et passion, au cœur des tensions entre Albe et Rome. Les personnages principaux, Horace, Sabine, Valère et Camille, incarneront des dilemmes moraux liés à la guerre, à l’amour et à la fidélité familiale.
Les citations mettent en lumière la bataille entre les sentiments humains et les exigences de la vertu publique, notamment dans les relations complexes entre frère, sœur et époux. L’œuvre, publiée au XVIIe siècle, interroge la noblesse des choix individuels face aux enjeux collectifs.
Citations de Horace (Pierre Corneille)
“ SABINE. Non, non, mon frère, non ; je ne viens en ce lieu Que pour vous embrasser et pour vous dire adieu. Votre sang est trop bon, n’en craignez rien de lâche, Rien dont la fermeté de ces grands cœurs se fâche : Si ce malheur illustre ébranlait l’un de vous, Je le désavouerais pour frère ou pour époux. Pourrais-je toutefois vous faire une prière Digne d’un tel époux et digne d’un tel frère ? Je veux d’un coup si noble ôter l’impiété, À l’honneur qui l’attend rendre sa pureté, La mettre en son éclat sans mélange de crimes ”
“ Sire, prononcez donc, je suis prêt d’obéir ; D’autres aiment la vie, et je la dois haïr. Je ne reproche point à l’ardeur de Valère Qu’en amant de la sœur il accuse le frère : Mes vœux avec les siens conspirent aujourd’hui ; Il demande ma mort, je la veux comme lui. Un seul point entre nous met cette différence, Que mon honneur par là cherche son assurance, Et qu’à ce même but nous voulons arriver, Lui pour flétrir ma gloire, et moi pour la sauver. Sire, c’est rarement qu’il s’offre une matière À montrer d’un grand cœur la vertu toute entière. ”
