Molière

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Résumé

Portrait de Molière Molière,  Les Femmes savantes (1672)

“ Ma sœur... ? Ah ! mon Dieu ! fi ! Comment ?
Armande.
Ma sœur... ? Ah mon Dieu ! fi ! Comment ? Ah ! fi ! vous dis-je.
Ne concevez-vous point ce que, dès qu’on l’entend,
Un tel mot à l’esprit offre de dégoûtant,
De quelle étrange image on est par lui blessée,
Sur quelle sale vue il traîne la pensée ?
N’en frissonnez-vous point ? et pouvez-vous, ma sœur,
Aux suites de ce mot résoudre votre cœur ?
Henriette.
Les suites de ce mot, quand je les envisage,
Me font voir un mari, des enfants, un ménage ;
Et je ne vois rien là, si j’en puis raisonner,
Qui blesse la pensée, et fasse frissonner.
”
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Portrait de Molière Molière,  Les Femmes savantes (1672)

“ Trissotin, Philaminte, Armande, Bélise, Henriette.
Trissotin.
À mon emportement ne donnez aucun blâme ;
C’est votre jugement que je défends, madame,
Dans le sonnet qu’il a l’audace d’attaquer.
Philaminte.
À vous remettre bien je me veux appliquer ;
Mais parlons d’autre affaire. Approchez, Henriette ;
Depuis assez longtemps mon âme s’inquiète
De ce qu’aucun esprit en vous ne se fait voir ;
Mais je trouve un moyen de vous en faire avoir.
Henriette.
C’est prendre un soin pour moi qui n’est pas nécessaire :
Les doctes entretiens ne sont point mon affaire ;
J’aime à vivre aisément
”
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Portrait de Molière Molière,  Les Femmes savantes (1672)

“ Les hommages d’un cœur aussi cher que le vôtre.
Trissotin.
Le moyen que ce cœur puisse vous contenter ?
Imposez-lui des lois qu’il puisse exécuter.
De ne vous point aimer peut-il être capable,
À moins que vous cessiez, madame, d’être aimable,
Et d’étaler aux yeux les célestes appas... ?
Henriette.
Eh ! monsieur, laissons là ce galimatias.
Vous avez tant d’Iris, de Philis, d’Amarantes [2] ,
Que partout dans vos vers vous peignez si charmantes,
Et pour qui vous jurez tant d’amoureuse ardeur...
Trissotin.
C’est mon esprit qui parle, et ce n’est pas mon cœur.
”
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