Résumé

C. Coquelin Revue des Deux Mondes

Molière, dans les Femmes savantes, est contre Philaminte et surtout contre Armande, parce que, par le pédantisme, la rude Philaminte enlève à la femme la grâce, plus belle encore que la beauté ; — parce que, par le mysticisme, Armande sacrifie la nature ; — parce que toutes deux, par suite, attentent à la société humaine. Mais, s’il est contre elles, il n’est pas pour Chrysale. Chrysale n’est pas le sage des Femmes savantes, tant s’en faut; ce sage, c’est Clitandre, qui consent qu’une femme ait des clartés de tout : c’est surtout Henriette, la plus parfaite des créations féminines de Molière.
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C. Coquelin Revue des Deux Mondes

Il n’y a rien d’amusant comme cette éternelle confidence de l’amoureux au jaloux. Tous ces récits sont si vivans, si gais, si colorés, que l’action même produirait dix fois moins d’effet. Supposez que ce soit sous nos yeux qu’Agnès surprise enferme Horace dans l’armoire ; qu’y aura-t-il là de si piquant? Mais qu’Horace, sorti de l’armoire, raconte le fait à Arnolphe, à celui-là même que, sans le voir, il a entendu soupirer, quereller le chien et décharger son courroux sur les porcelaines, voilà la comédie, voilà l’imprévu, voilà le rire.
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C. Coquelin Revue des Deux Mondes

« Le voilà, c’est lui ; nous allons rire ! » au moins chez ceux qui ont la conscience bonne et la rate saine. C’est Molière, en effet, ou plutôt, non, car il joue ; c’est son personnage; un homme de quarante-deux ans, assez bien nourri, fort satisfait de soi, volontiers jusqu’à goguenarder, vieux garçon, cela se voit, l’œil encore vif, la lèvre grasse, aimant les bons contes et se flattant de connaître toutes les rubriques ; c’est Arnolphe, en un mot, autrement M. de La Souche, et dans une exposition toute de verve, il met son compère dans sa confidence.
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