Molière

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Résumé

Portrait de Molière Molière L'École des femmes (1662)

Horace.
Qu’avez-vous ?
Arnolphe.
Moi ? rien. C’est que je tousse.
Horace.
Avez-vous jamais vu d’expression plus douce ?
Malgré les soins maudits d’un injuste pouvoir,
Un plus beau naturel peut-il se faire voir ?
Et n’est-ce pas sans doute un crime punissable
De gâter méchamment ce fonds d’âme admirable,
D’avoir dans l’ignorance et la stupidité
Voulu de cet esprit étouffer la clarté ?
L’amour a commencé d’en déchirer le voile ;
Et si par la faveur de quelque bonne étoile,
Je puis, comme j’espère, à ce franc animal,
Ce traître, ce bourreau, ce faquin, ce brutal,...
Arnolphe.
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Portrait de Molière Molière L'École des femmes (1662)

Agnès.
Un péché, dites-vous ? Et la raison, de grâce ?
Arnolphe.
La raison ? La raison est l’arrêt prononcé
Que par ces actions le Ciel est courroucé.
Agnès.
Courroucé ! Mais pourquoi faut-il qu’il s’en courrouce ?
C’est une chose, hélas ! si plaisante et si douce !
J’admire quelle joie on goûte à tout cela,
Et je ne savais point encor ces choses-là.
Arnolphe.
Oui, c’est un grand plaisir que toutes ces tendresses,
Ces propos si gentils et ces douces caresses ;
Mais il faut le goûter en toute honnêteté,
Et qu’en se mariant le crime en soit ôté.
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Portrait de Molière Molière L'École des femmes (1662)

De votre innocence, Agnès, c’est un effet.
Je ne vous en dis mot : ce qui s’est fait est fait.
Je sais qu’en vous flattant le galant ne désire
Que de vous abuser, et puis après s’en rire.
Agnès.
Oh ! point : il me l’a dit plus de vingt fois à moi.
Arnolphe.
Ah ! vous ne savez pas ce que c’est que sa foi.
Mais enfin apprenez qu’accepter des cassettes,
Et de ces beaux blondins écouter les sornettes,
Que se laisser par eux, à force de langueur,
Baiser ainsi les mains et chatouiller le cœur,
Est un péché mortel des plus gros qu’il se fasse.
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