Résumé

Gillet de La Tessonerie L’Art de régner ou le Sage gouverneur Tragi-comédie

FABIE. Laissez mourir un lâche, et ne songez qu'à vivre.
LUCIPE. Tout lâche comme il est, s'il meurt, je le veux suivre.
FABIE. Conservez mieux vos jours.
LUCIPE. Conservez donc les siens. [805]
FABIE. Ce serait hasarder les vôtres, et les miens.
LUCIPE. Hélas ! Quoi qu'il ait dit, croyez qu'il vous respecte.
FABIE. Après ce qu'il a dit, sa personne est suspecte.
LUCIPE. Ah ! Sire, au nom des Dieux, ayez pitié de nous.
FABIE. Je n'en ai point pour lui, mais j'en ai trop pour vous. [810]
LUCIPE. Si j'espère, Seigneur, c'est en votre Clémence.
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Gillet de La Tessonerie L’Art de régner ou le Sage gouverneur Tragi-comédie

La gloire de César m'ordonne de le faire,
Je tiens en mon pouvoir son mortel adversaire,
Et je suis punissable en l'état où je suis,
Si je ne l'en délivre alors que je le puis.
Ah, tourment sans remède ! Ah, fortune ennemie ! [935]
Noircirai-je mes jours d'une telle infamie ?
Trahirai-je un ami, vivrai-je sans honneur ?
Oublierai-je César ? Perdrai-je mon bonheur ?
Ne songerai-je point au bien de cette terre ?
Y verrai-je allumer le flambeau de la guerre ? [940]
Pourrai-je supporter tant de travaux divers ?
Résisterai-je seul contre tout l'univers ?
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Gillet de La Tessonerie L’Art de régner ou le Sage gouverneur Tragi-comédie

Je ne connais que Rome, et je ne suis point traître, [660]
Mais toi, souhaites-tu d'être dans leur prison ?
CAMILLE. Sire, je le souhaite avec juste raison.
FABIE. Avec juste raison ! Que dis-tu misérable ?
CAMILLE. Je dis ce que je pense, et je suis raisonnable.
FABIE. De crainte de la mort tu changeras tantôt. [665]
CAMILLE. Je ne changerai point, mais je mourrai plutôt.
FABIE. Va, ne te pique point de ce trop de courage.
CAMILLE. Si je ne m'en piquais, je serais bien volage.
FABIE. Tu t'en repentiras étant sur l'échafaud.
CAMILLE. Qui se repent si tard ne fait pas ce qu'il faut.
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