Gillet de La Tessonerie

Élements biographiques

Gillet de La Tessonerie Le Campagnard comédie

LE CAMPAGNARD. Quand on a comme toi l'âme fort querelleuse Et qu'on est, comme moi, d'humeur fort amoureuse, Bien loin de se fâcher contre un vieil serviteur, On endure aisément de sa mauvaise humeur ; [50] Aussi je te pardonne, et, pour ma récompense, Dis-moi fidèlement tout ce que ton cœur pense : Si tu crois que Phénice est pour moi toute en feu, Ou si tu reconnais qu'elle n'en tient qu'un peu Si son esprit te plaît, si tu la tiens adrette, [55] Si Cliton n'a dessein qu'à sa belle cadette, Et si dans mes amours je procède fort mal.
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Gillet de La Tessonerie Le Campagnard comédie

BAZILE, PHENICE, CLITON, PHILIS, JODELET, LE CAMPAGNARD.
LE CAMPAGNARD. Salut ! Où va la botte, et quel bon vent vous mène ?
PHENICE. Nous vous allions chercher pour vous prendre avec nous.
le campagnard. Pouvez-vous me chercher si je ne vis qu'en vous ? [90] D'une si belle ardeur mon âme est enflammée Qu'elle est bien moins en moi que dans la chose aimée, Et l'on me doit chercher, à quelque heure qu'il soit Plutôt où vous serez qu'aux lieux où l'on me voit.
PHENICE. C'est me donner mon reste.
BAZILE. Avec assez d'adresse.
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Gillet de La Tessonerie L’Art de régner ou le Sage gouverneur Tragi-comédie

La gloire de César m'ordonne de le faire,
Je tiens en mon pouvoir son mortel adversaire,
Et je suis punissable en l'état où je suis,
Si je ne l'en délivre alors que je le puis.
Ah, tourment sans remède ! Ah, fortune ennemie ! [935]
Noircirai-je mes jours d'une telle infamie ?
Trahirai-je un ami, vivrai-je sans honneur ?
Oublierai-je César ? Perdrai-je mon bonheur ?
Ne songerai-je point au bien de cette terre ?
Y verrai-je allumer le flambeau de la guerre ? [940]
Pourrai-je supporter tant de travaux divers ?
Résisterai-je seul contre tout l'univers ?
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