Gillet de La Tessonerie

Résumé

Gillet de La Tessonerie Le Campagnard comédie

BAZILE, PHENICE, CLITON, PHILIS, JODELET, LE CAMPAGNARD.
LE CAMPAGNARD. Salut ! Où va la botte, et quel bon vent vous mène ?
PHENICE. Nous vous allions chercher pour vous prendre avec nous.
le campagnard. Pouvez-vous me chercher si je ne vis qu'en vous ? [90] D'une si belle ardeur mon âme est enflammée Qu'elle est bien moins en moi que dans la chose aimée, Et l'on me doit chercher, à quelque heure qu'il soit Plutôt où vous serez qu'aux lieux où l'on me voit.
PHENICE. C'est me donner mon reste.
BAZILE. Avec assez d'adresse.
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Gillet de La Tessonerie Le Campagnard comédie

LE CAMPAGNARD. Quand on a comme toi l'âme fort querelleuse Et qu'on est, comme moi, d'humeur fort amoureuse, Bien loin de se fâcher contre un vieil serviteur, On endure aisément de sa mauvaise humeur ; [50] Aussi je te pardonne, et, pour ma récompense, Dis-moi fidèlement tout ce que ton cœur pense : Si tu crois que Phénice est pour moi toute en feu, Ou si tu reconnais qu'elle n'en tient qu'un peu Si son esprit te plaît, si tu la tiens adrette, [55] Si Cliton n'a dessein qu'à sa belle cadette, Et si dans mes amours je procède fort mal.
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Gillet de La Tessonerie Le Campagnard comédie

PHENICE. Vous n'aurez pas toujours un temps si favorable.
PHILIS. Beaucoup voudraient bien courre une risque semblable.
PHENICE. L'amour frappe demain ceux qu'il frappe aujourd'hui. [1225]
PHILIS. Je n'ai pas encor lieu de me plaindre de lui.
PHENICE. Les pleurs suivent de près tous les biens qu'il nous donne.
PHILIS. Je laisse soupirer celles qu'on abandonne.
PHENICE. Ah ! C'est trop ! Je vois bien que vous parlez à moi, Mais je vous veux apprendre à me donner la loi, [1230] Et, devant qu'il soit peu, dans ma fureur extrême, Je vais perdre avec vous le fourbe qui vous aime.
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