Nicolas Gilbert,
Le Poète malheureux
“ Que les plus grands talens y montent avec peine, Que noircis par l’envie, accablés par la haine, Tous ont vu le bonheur s’échapper de leurs bras ? Songe au sort de Milton, songe au destin d’Homère : L’homme, ingrat de leur tems, a-t-il changé depuis ? Ah ! mon fils, je suis pauvre & tu n’as plus de mère, Bientôt tu vas me perdre, ou seront tes appuis ? Mon fils, crois-moi, mon fils, sors de ton indigence, Et vers la gloire alors dirige tes travaux : Au nom de tous les soins qu’on prend de ton enfance, Par mes cheveux blanchis. — Donnez-moi des pinceaux. ”
