Edouard Castellan

Résumé

Edouard Castellan Le monument de Molière

Il en est dont l'éclat, sur leur siècle épandu, Dans la postérité s'est encore étendu ; Qui résument en eux, dans leur œuvre profonde, Une face de l'homme, un des côtés du monde: Deux surtout, nobles cœurs, différents, mais égaux, Que notre amour dérobe à l'ombre des tombeaux.
Entre vos piédestaux gardez votre distance, Mais soyez à jamais vénérés de la France, Vous, Fénélon, reflet de la Divinité, Toi, Molière, incarné dans notre humanité !
D'un hommage tardif honorant sa mémoire , Naguère, à Fénélon nous avons rendu gloire ; Lève-toi, grand Molière ! aujourd'hui c'est ton tour.
Source : Gallica

Edouard Castellan Le monument de Molière

Que font à ta mémoire çt le marbre et l'airain ?
Va, ton vrai monument, poète souverain, Ce n'est point la coupole abritant la statue, Ni la vasque de pierre où l'onde répandue, Jaillissant avec bruit dans son rapide essor, Coulant, tombant, coulant et retombant encor, Va, s'enfuyant toujours d'une urne inépuisable, Figurer à nos yeux ta verve intarissable : C'est ton livre profond. Ce n'est point le granit Que le ciment de sable aux jointures unit : C'est ton intelligence en œuvre résumée, Qui fait toute ta gloire, et le reste est fumée.
Source : Gallica

Edouard Castellan Le monument de Molière

Molière! Humain à fond, sage par excellence, Philosophe pratique autant que de science !
Protecteur de Racine et père de Baron !
Lorsqu'en ce fils chéri, sous l'eau de ta leçon Tu voyais l'art germer, fleur délicate et rare, Tu lui montrais aussi comme un juste sépare, Des biens que la fortune a répandus sur lui, L'impôt sacré que lève un frère sans appui.
Oh ! grand homme avéré, l'orgueil de la patrie Lutèce, en te vouant un culte de latrie, N'a point à distinguer, près de ce monument, Entre l'œuvre et* la vie, en un si digne enfant!
Source : Gallica

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