Jean Paul Richter

Résumé

Jean Paul Richter Faust et le Second Faust

C’est en vain qu’on chercherait quelque trace de son passage : le vol du colibri laisse-t-il un sillon dans l’air ? le lac conserve-t-il le reflet du nuage, la feuille la goutte de rosée et le chant du rossignol qui a soupiré sous son ombre ?... Non, c’est le destin ! Qu’y faire ?... Se résigner ; cacher au fond de soi, comme au fond d’un sanctuaire, sa douleur incommensurable ; environner son âme d’un fossé, couper le monde à l’entour, et, comme l’archange tombé, ramener ses ailes sur ses yeux, de peur que les autres ne se prennent à rire en vous voyant pleurer !
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Jean Paul Richter Faust et le Second Faust

« Parais, tentateur des hommes ! car l’Éternel envoie à chaque siècle un mauvais génie pour le tenter. »
À cet appel terrible, la mère et toutes ses filles frémirent à la fois, et ces âmes tendres fondaient en larmes, même celles qui avaient déjà habité la terre et en étaient revenues avec gloire. Soudain le tentateur, du sein de l’obscurité, se dressa sur notre globe ainsi qu’un arbre immense, puis, sous la forme d’un serpent gigantesque, leva sa tête jusqu’à la lune, et dit : « Je veux vous séduire. »
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Jean Paul Richter Faust et le Second Faust

Aux plaines de la lune éclatante de lis, habite la mère des hommes, avec ses filles innombrables, dans la paix de l’éternel amour. Le bleu céleste qui flotte si loin de la terre repose étendu sur ce globe, que la poussière des fleurs semble couvrir d’une neige odorante. Là règne un pur éther que ne trouble jamais le plus léger nuage. Là demeurent de tendres âmes que la haine n’a jamais effleurées. Comme on voit s’entrelacer les arcs-en-ciel d’une cascade, ainsi l’amour et la paix les confondent toutes en une même étreinte.
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