Résumé

Portrait de André Theuriet André Theuriet En Touraine, Paysages et Souvenirs

Roule parmi les prés ses eaux éblouissantes ;
Le sol brûle, l’air tremble, et le sable attiédi
Étend au grand soleil ses nappes blanchissantes.
Et sur les flots moirés dorment de vertes îles,
Ceintes de peupliers, d’aunes et de bouleaux :
Rameaux flottans, feuillée épaisse, frais asiles
Se bercent reflétés dans la splendeur des eaux.
Ouvrant ses bras d’argent, la royale rivière
Sur son sein frémissant les presse avec amour ;
L’eau vers les saules gris, les saules vers l’eau claire,
Attirés et charmés, s’avancent tour à tour.
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Portrait de André Theuriet André Theuriet En Touraine, Paysages et Souvenirs

Imprègne sa poitrine et sa tête embaumée ;
— Ainsi tu parfumais la nuit, ô vigne en fleur !
On dit qu’aux jours d’été, quand tes grappes fleurissent,
Le vieux vin des celliers fermente et reverdit ;
Quand monte leur odeur, dans les cœurs qui languissent,
L’amour aussi, l’amour se réveille et bondit. —
La lune se leva comme une jeune reine,
Et les prés assoupis, et les grands pampres verts
S’argentèrent soudain à sa splendeur sereine
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Portrait de André Theuriet André Theuriet En Touraine, Paysages et Souvenirs

Et je me sens plus près de l’enfant endormie
Dans son tombeau glacé.
Et vous, chênes, oiseaux, toi, rivière sonore,
Poursuivez vos soupirs, vos murmures, vos chants ;
O soleil triomphant, illumine et colore
Les forêts et les champs.
Maintenant je comprends votre joie immuable ;
Dans l’univers immense où Dieu le fait errer ;
L’homme n’est qu’un atome, un pauvre grain de sable,
Mais cet atome pense, et seul il peut pleurer.
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