Résumé

Ce que l'on boit aujourd'hui quand on croit boire du vin (1883)

Sans doute, il est fâcheux de ne boire que de l'abondance au lieu de vin pur, et de la payer aussi cher mais mieux vaut encore se mettre, au régime de vin d'eau sucrée, que de s'empoisonner par les alcools de grains, le sulfate de potasse ou le chlorure de baryum.
Quant au vin vraiment naturel, c'est-à-dire le jus pur d'une première cuvée, il faut reconnaître qu'il tend à devenir un mythe, un souvenir du temps passé, et qu'il sèrait ridicule de le demander au commerce de nos jours, du moins tant que dureront les ravages du phylloxera.
Source : Gallica

Ce que l'on boit aujourd'hui quand on croit boire du vin (1883)

Il y a un moyen très simple de donner au vin, sans danger, la quantité d'acide tartrique qui peut lui manquer c'est d'ajouter à la vendange, selon le besoin, 3 à 500 grammes de cet acide pour 7 hectolitres de vin. Mais ce moyen répugne aux producteurs, parce que l'acide tartrique croûte plus cher que le plâtre. Comme on le voit, les vins étrangers, qui entrent pour une si énorme quantité dans les coupages, entraînent deux dangers graves pour la santé, à cause de l'addition d'alcools de grains et de l'excès du plâtrage.
Source : Gallica

Ce que l'on boit aujourd'hui quand on croit boire du vin (1883)

A très petite dose, le sulfate de potasse n'est pas nuisible à la santé on tolère deux grammes par litre. Mais, si l'on double la dose, le vin devient dangereux on le rend certainement très malsain en allant au-delà.
Or, dans les pays chauds, le plâtrage à très forte dose est quelquefois nécessaire. En Algérie, par exemple, dans les années humides, le vin est sujet à une altération qu'on appelle la pozasse. Cette maladie attaque la matière colorante et fait disparaître l'acide tartrique. Le vin transpire à travers le bois des futailles, il devient fade et incolore, puis amer.
Source : Gallica

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