“ Calme de l’ombre Dans un silence de beauté. Ah ! si ce vallon ne peut Avec son herbage bleu Et ses dormantes fougères S’étendre à toute la terre, Ah ! que seule j’y demeure Au pied du bouleau qui pleure ; Que seuls, amis de beauté Et de rêve se promènent Dans l’atmosphère sereine Sur un gazon velouté. Un long silence autour de nous. Cette tête sur mes genoux Blanche et sévère Rejoint le calme de la terre. Les yeux sont clos sur un rire effacé, Les lèvres sont closes, le nez Est sans souffle. Dans l’air muet Parfois un soupir monte et s’achève. ”
Cécile Sauvage
Résumé
"Le Vallon", poème de Cécile Sauvage, explore la sérénité et la mélancolie des paysages naturels à travers une langue poétique raffinée. L’œuvre, structurée en vers lyriques et en séquences numérotées, célèbre les éléments de la nature — bouleaux pleureurs, herbe, ombre, feuillage — pour évoquer un dialogue introspectif entre l’homme et l’environnement.
Les thèmes de la mort, de la beauté fugace et de la spiritualité se tissent dans des images oniriques, comme le vallon qui devient un refuge de silence ou le rossignol mort transformé en symbole de transience. L’œuvre, publiée dans un contexte où la poésie symboliste florissait, mêle mélancolie et émerveillement, invitant le lecteur à contempler la fragilité de la vie à travers la splendeur des éléments naturels.
Citations de Le Vallon (Cécile Sauvage)
“ Dans mon vallon familier, Que l’ombre, que le silence Viennent s’allonger au pied De mon corps blanc replié. L’oiseau jette un cri de gloire Et l’homme ayant joint les doigts A l’air de dire une histoire D’autrefois. Ô plus haute que la vie, Froide et pâle Poésie, Lève-toi Et pleure et danse à la fois. Allonge vers les bouleaux Tes bras si longs et si beaux, Insaisissable pensée, Et sur ta chair offensée Ramène le triste flot De tes tresses délacées. Ô tristes et longs sanglots De l’oiseau. L’homme est mort d’avoir osé Un baiser. ”
“ Mollesse de l’ombre et du vent, Ô paysage, instant de calme. Paysage qu’on voudrait mettre Dans un cadre au faîte arrondi Et simple comme une fenêtre Ouverte sur le jour pâli. LXXXIV Comme un plus sombre azur dans le jour qui s’éteint Les monts sont d’un bleu noir et léger. C’est le moment, mon cœur, de descendre au jardin Oublier les soins ménagers. Pauvre âme, laisse là l’ennuyeuse misère ; Vois courir sur les champs les nuages courbés. Vois, le ciel est si bas qu’il va toucher la terre Comme pour t’absorber. LXXXV Écoute l’alouette au fond du ciel perdue. ”
