Sébastien-Charles Leconte

Sébastien-Charles Leconte

Résumé

Portrait de Sébastien-Charles Leconte Sébastien-Charles Leconte Les Poètes sociaux

C’est leur cri que tu fuis dans l’ombre où tu te caches,
Et tu pleures leur rêve impuissant et trompé.
Car la science amère est en toi descendue :
Tu connais maintenant que, si haut et si loin
Qu’elle s’élève au creux de la sourde étendue,
Notre plainte éternelle expire inentendue,
Et qu’il n’est à nos maux ni recours ni témoin.
Dis-le nous ! Nous pouvons enfin t’entendre. Essuie
Les larmes corrodant ta face aux plis de fer.
La flamme des autels n’est plus qu’un peu de suie,
Et, comme un arbre étrange aux bras chargés de pluie,
L’ouragan désolé s’est levé sur la mer.
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Portrait de Sébastien-Charles Leconte Sébastien-Charles Leconte Les Poètes sociaux

Tu sens bien que tu dois mourir, comme les hommes,
Mais tu veux la nuit, tout entière, pour linceul.
Ta pensée invisible et redoutable hante
Le disque éblouissant de tes miroirs de fer
Où se réfléchit l’arche immense de l’éther...
D’où vient donc que tes mains se sèchent d’épouvante,
Comme si tu touchais les grilles de l’enfer ?
Pourquoi donc, sous la paix des étoiles, la Terre
Te semble-t-elle plus vivante qu’autrefois ?
Est-ce que, dans le gouffre aux nocturnes parois,
Tout ce qui te parlait jadis vient de se taire ?
Est-ce que les Esprits d’en haut n’ont plus de voix ?
Source : Wikisource

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