Émile Verhaeren

Émile Verhaeren

Résumé

Portrait de Émile Verhaeren Émile Verhaeren Hélène de Sparte

HÉLÈNE
Va-t’en, va-t’en !
ÉLECTRE
Ah ! sa brûlure âpre mais douce !
Oh ! sa fièvre, sa crainte et sa belle fureur !
Oh ! l’orage béni dont elle émeut mon cœur
Rien qu’à l’entendre, alors qu’elle est ta voix, Hélène !
Oh ! la brise qui souffle en cet instant : la plaine,
Le mont, les bois sont pleins de notre amour.
HÉLÈNE
Va-t’en !
Va-t’en, le ciel frémit d’horreur en t’écoutant !
ÉLECTRE
Non ! non ! Le ciel ne connaît rien de nos querelles
Ses flammes sont des cœurs et ses grands vents des ailes
Qui se frôlent et s'exaltent à travers l'air
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Portrait de Émile Verhaeren Émile Verhaeren Hélène de Sparte

Toute la nuit tu as peuplé l’ombre et mes rêves ;
Mon souffle brusque et chaud frôla ton front vermeil
Je te marquai de mes rages, hélas trop brèves,
Puisque tout disparut quand survint le réveil.
HÉLÈNE
Toi ! Toi ! Castor, mon frère ! Ô Dieux !
CASTOR
Je te désire
Sans hésiter, violemment et tout à coup ;
Je ne suis pas celui qui feint et qui sait dire
Ce qu’il ne pense pas quand son cœur est jaloux ;
J’aime, je hais avec fureur, avec rancune,
Et je passe, en criant vers ton cœur effaré
Qu’il sera libre un jour et suivra ma fortune :
HÉLÈNE
Jamais !
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Portrait de Émile Verhaeren Émile Verhaeren Hélène de Sparte

HÉLÈNE
Ô la folie humaine !
POLLUX
Ô la puissance vraie !
L’orgueil est le froment ; le désespoir, l’ivraie ;
Dans Sparte, à l’Agora, tout le peuple t’attend
Les yeux conquis, les bras levés, le cœur battant,
Les pères et les fils, les filles et les mères
Jettent vers toi leurs cris, leurs vœux et leurs prières ;
Leur unanime ardeur m’a dépêché vers toi.
Viens entendre l’amour qui halète en leur voix,
Viens te brûler dans ton triomphe et dans leur âme ;
C’est moi qu’ils ont nommé, mais c’est toi qu’ils acclament.
HÉLÈNE
Pourquoi connaître encor ce que j’ai trop connu ?
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