Émile Verhaeren,
Hélène de Sparte
“ HÉLÈNE Va-t’en, va-t’en ! ÉLECTRE Ah ! sa brûlure âpre mais douce ! Oh ! sa fièvre, sa crainte et sa belle fureur ! Oh ! l’orage béni dont elle émeut mon cœur Rien qu’à l’entendre, alors qu’elle est ta voix, Hélène ! Oh ! la brise qui souffle en cet instant : la plaine, Le mont, les bois sont pleins de notre amour. HÉLÈNE Va-t’en ! Va-t’en, le ciel frémit d’horreur en t’écoutant ! ÉLECTRE Non ! non ! Le ciel ne connaît rien de nos querelles Ses flammes sont des cœurs et ses grands vents des ailes Qui se frôlent et s'exaltent à travers l'air ”
