Émilie Arnal

Émilie Arnal

Résumé

Portrait de Émilie Arnal Émilie Arnal La Maison de granit

Je comprends mieux que toi l’adorable douceur
Des mots dont, ce matin, entre le ciel et l’onde.
Te berçait ton amant, ô passante, ô ma sœur !
LOIN DE TOI
J'ai ri de mon amour comme d’une folie
Oui no tenait pas même aux fibres de mon cœur ;
Je cherchais des raisons à la mélancolie
Qui mettait sur mes yeux sa pesante langueur.
Je disais : C'est le soir, l’hiver, la solitude ;
C’est le brouillard qui tombe et voile l'horizon ;
C’est le fardeau trop lourd des livres, de l’étude ;
C’est l'âme de la nuit errant dans la maison.
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Portrait de Émilie Arnal Émilie Arnal La Maison de granit

C’est un jet si puissant de désir et de rêve
Que je vais vivre encor, moi qui voulais mourir.
Ah ! qu’il paraisse enfin Celui dont la parole
Commande aux vents, Celui dont le regard console,
Celui qui sera seul le maître de la mer !
Je lui donne ma vie et toute ma tendresse,
Et mon amour, semblable à l’océan qui dresse
Sa colonne d’onyx pâle et de jade vert.
Je lui donne mon cœur plus profond que la masse
Des flots bleus, et mes pleurs dont le nombre dépasse
Celui des gouttes d’eau dans la coupe des mers !...
Que de tant de douleur, il fasse un peu de joie
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Portrait de Émilie Arnal Émilie Arnal La Maison de granit

J’ai retrouvé la force et l’austère douceur.
Que les beaux soirs de rêve éveillent dans mon cœur
Et j’ai livré mon être au jardinier mystique
Dont la main fraternelle, où luit l’anneau magique,
Greffe pieusement les fleurs de la douleur,
Pourpre vivante ouverte à l’heure du malheur.
J’ai dédaigné les biens que l’ignorance envie ;
Je n’ai plus craint la mort en regardant la vie ;
Et mes yeux resteront tournés vers l’au-delà
Où ceux qui n’ont jamais vécu leurs plus beaux rêves
Vont, sur les sables d’or des éternelles grèves,
Vers l’ami que, toujours, leur angoisse appela.
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