“ Derrière l’habitation que je viens de décrire, dit-il, se trouve un champ merveilleux, car voilà treize ans que M. Smith y récolte d’abondantes moissons de blé sans y mettre aucun engrais. On peut crier au miracle, mais on ne peut nier les faits. J’ai vu hier, 3 février 1859, la treizième plantation de blé semée sur le même champ, sans que, depuis treize ans, il y soit entré la moindre parcelle d’engrais. ”
Champ de blé
Définition et enjeux
Citations sur “champ de blé”
Hippolyte de Chavannes de La Giraudière, La ferme-modèle, ou L'agriculture mise à la portée de tout le monde… (1860)
“ Mais croire que leur froment dégénère naturellement, forcément, par cela seul, comme vous le disiez fort bien, qu'il se reproduit dans le même sol, c'est prendre l'effet pour la cause. Le blé dégénère dans un champ, ou parce que ce champ convient médiocrement à la culture du blé, ou parce que ce champ est mal cultivé, mal soigné. ”
J.-Eugène Defranoux, École préparatoire du laboureur… (1859)
“ Dans les années pluvieuses, le grain moissonné tôt est sujet à germer. La gelée de la nuit soulève par degré tes semailles; le jour, le sol se déprime, et les radicelles cassant, le blé mourra, si tu ne te hâtes de comprimer le sol, à l'aide du rouleau. Ne conserve pas ton blé pendant plus de trois ans. Les populations qui vivent de pain de froment sont, d'après un agronome, les plus belles,, Les plus robustes et les plus intelligentes. L'épautre prospère dans le champ dont le blé ne veut pas. Ne crains pas pour le seigle la terre pauvre et légère. ”
Fernand Douaire, La guerre et l'agriculture de demain… (1915)
“ Pour sélectionner le blé, on choisit un champ fertile où la végétation a été régulière et la maturité parfaite, on prélève les plus beaux épis sur les plus belles touffes, on retranche, avec des ciseaux, les extrémités des épis, on sème les gros grains du milieu dans un sol fertile. En choisissant ainsi, chaque année, de quoi faire une dizaine de litres, on aura, l'année suivante, assez pour ensemencer un hectare et, en continuant avec persévérance cette méthode de sélection, on sera certain d'obtenir les blés les mieux adaptés au sol et au climat de l'ensemble de la ferme. ”
“ On doit le respect à un champ de blé, non pas pour lui-même, mais parce que c’est de la nourriture pour les hommes. D’une manière analogue, on doit du respect à une collectivité, quelle qu’elle soit — patrie, famille, ou toute autre —, non pas pour elle-même, mais comme nourriture d’un certain nombre d’âmes humaines. ”
Auguste Cotelle, Cours d'économie agricole, et de culture usuelle… (1865-1866)
“ Les cultivateurs n'ignorent pas que la culture du blé est épuisante, mais ils doivent ne pas oublier qu'une récolte de blé n'est pas seulement épuisante, parce qu'elle n'emprunte rien à l'air et qu'elle ne laisse au sol que des débris insignifiants, mais bien encore parce qu'elle enlève de la terre, comme l'analyse le constate, des éléments de fertilité qui n'y sont toujours qu'en faible quantité. Ces éléments sont des phosphates, des alcalis, de la magnésie et de l'azote pour le développement du grain, de la silice soluble pour la confection de la paille. ”
Émile Cardot, Manuel de l'arbre pour l'enseignement sylvopastoral dans les écoles… (1933)
“ Ce serait bien pis, s'il vous fallait payer les frais d'acquisition et de défrichement du terrain. Un de nos grands agronomes du temps présent, M. Grandeau, vous a répété bien souvent qu'il y avait plus de profit à accroître par des engrais le rendement des récoltes qu'à étendre les cultures. C'est la vérité. Car si le blé se vend peu à notre époque, c'est qu'il y a assez de champs de blé de par le monde. Hélas! on défriche trop peut-être dans les régions lointaines où s'installent les civilisations nouvelles et où le sol ne coûte rien encore. ”
François Rozier,
Cours d’agriculture
“ Ce n’est pas tout, les graines des yvraies, des blés de vache, des vesces, (consultez ces mots) restent en parti mêlées avec le grain après que le seigle, le froment, l’avoine &c. &c. sont battus : ce n’est qu’à force de peine, de soins & de machines qu’on parvient à la longue à les en séparer, soit pour avoir un blé net ou un beau blé de semence, & le blé ordinaire ainsi mélangé perd beaucoup de sa valeur lorsqu’on le porte au marché. ”
Hyacinthe Daudin, En attendant l'enquête : examen sommaire des causes qui tendent à déprécier les produits de… (1866)
“ D'ailleurs, quoi qu'on en dise, le blé sera toujours la plante par excellence, et l'âme de la culture. On ne peut entretenir des bestiaux sans litière, ni cultiver la terre sans fumier ; or c'est la paille des céréales qui donne la litière et qui forme la base du fumier. 1 Les grains en général, et particulièrement le blé, sont, de toutes les denrées agricoles, celle dont la valeur est la plus certaine et la plus facilement réalisable. ”
P.-C. Dubost, Etudes d’Economie rurale - La Question du blé…
“ Quant aux cultivateurs, ils ont amélioré partout leur mode de culture : ils nourrissent plus de bétail, obtiennent plus d’engrais et produisent de plus belles récoltes. Le rendement moyen du blé, qui n’était que de 10 hectolitres à l’hectare en 1820, est aujourd’hui de 13 à 14 hectolitres, et, dans les bonnes années, il peut même s’élever jusqu’à 15. L’ensemble de ces efforts a déterminé la marche si rapide de la production du blé en France, qui est peut-être sans exemple chez aucun autre peuple connu. ”
Antoine-Charles Girard, Les engrais. Alimentation des plantes… (1889-1891)
“ Si nous ne considérons que le grain proprement dit, c'est-à-dire la partie qui est ordinairement exportée du domaine, en regardant les pailles comme restant, sous forme de nourriture ou de litière, avec les substances fertilisantes qu'elles renferment, nous constatons que c'est le blé qui, à production égale, appauvrit le plus l'exploitation. ”
Émile Gautier,
Comme quoi la France pourrait nourrir cent millions d'habitants…
(1892)
“ Sur cette terre de désolation, à peu près aussi fertile qu'une dalle de marbre ou qu'une plaque de fonte, semez, après arrosage préalable à l'eau distillée, vingt grains de blé, pesant un gramme en moyenne. ”
François Rozier,
Cours d’agriculture
“ Mais une précaution essentielle qu’exige le blé le plus parfait, c’est que quand les eaux sont basses, ou que le temps est calme, il faut éviter d’envoyer moudre une plus grande quantité que le local du meûnier ne le permet, car souvent c’est là que le grain négligé, abandonné, perd de ses bonnes qualités. Il est donc prudent, quand on entreprend la mouture d’une provision de blé considérable, de ne le faire transporter au moulin qu’à mesure que l’on moud, parce que ne pouvant jouir seul du moulin, il est nécessaire, comme dit le proverbe : Que chacun engraine à son tour. ”
Congrès de la vente du blé, Versailles… (1900-1901)
“ Le blé a ses principaux débouchés chez les cultivateurs eux-mêmes, dans l'industrie de la meunerie, et près de grands services qui ont à assurer la nourriture de nombreuses existences. D'une manière générale, le cultivateur qui produit du blé conserve une partie de sa récolte pour suffire aux besoins de la nourriture du personnel qui vit sur son exploitation. Le pain, dans nos pays de céréales, se fabrique en principe à la ferme, avec les blés du domaine, qu'ils aient été transformés en farine sur place, comme cela se fait quelquefois, ou au moulin voisin, ce qui est plus ordinaire. ”
Alfred Dudoüy, Guide pratique du cultivateur pour le choix… (1866)
“ Les os d'un homme ne serviront jamais en France à faire germer un grain de blé. La Providence, dans ses vues infinies, a paré au mal en mettant à notre disposition d'immenses réservoirs où les hommes peuvent puiser la vie de leur sol et leur propre vie sans recourir, comme l'Angleterre, aux blanches reliques des champs de bataille. ”
Louis Aubert, Américains et Japonais
“ Le blé se prête à une telle méthode de culture. Avec de l’organisation, on peut aussi aisément surveiller 10 000 acres de blé que 10 acres. Point de détails à considérer : les semailles, la moisson ; dans l’intervalle une entière liberté... Être fermier, cela va bien quand la terre est chère et que la population est dense, mais cela ne flatte pas l’imagination comme de labourer des champs si vastes qu’il faut un trajet d’un jour pour retourner un seul sillon, ou comme d’employer des charrues à vapeur et de herser avec des attelages de cinq mules. ”
Jean-Antoine Chaptal,
Chimie appliquée à l’agriculture
“ Le blé se conserve très-bien et long-temps dans son épi très-sec et garanti de l’air et de l’humidité, tout le monde sait que c’est un moyen de conservation employé dans les pays de grande culture où l’on forme des meules, des gerbiers, qu’on ne démonte que pour fournir à la consommation et à la vente, aux époques où le battage en grange peut seul occuper les employés de la ferme. ”
Amédée Sarradin, Etude sur Eustache Des Champs. Thèse présentée à la Faculté des lettres de Paris… (1878)
“ Voilà cinquante-deux ans que d'ure le ravage des champs, que le paysan se demande s'il récoltera le blé qu'il sème, et qu'il entend le tocsin donner à chaque instant le signal de la fuite dans les bois ou derrière les murs des places fortes ! ”
Auguste Cotelle, Cours d'économie agricole, et de culture usuelle… (1865-1866)
“ Cela est si vrai, que ces terres qui ont une consistance moyenne sont désignées par les cultivateurs sous le nom de terres à blé. Enfin, les terres, pour nous donner de bonnes récoltes de blé, doivent présenter un certain degré de fécondité ; la nécessité d'une certaine fertilité du sol pour la culture du blé est tellement acquise à la pratique, que dans toutes les contrées on réserve toujours les meilleures terres pour ensemencer en blé. ”
Various, L'Illustration, No. 0027, 2 Septembre 1843
“ Mais, dans les contrées tempérées du centre et du nord de la France, partout où la récolte du blé tient le premier rang, il est de toute impossibilité de battre toutes les gerbes au moment de la moisson, pour n'avoir à conserver que du grain et de la paille isolés l'un de l'autre; les granges, les meules, les machines à battre, les silos, les greniers à bascule, sont dans ces riches contrées des objets dignes de toute l'attention des agriculteurs. ”
François Rozier,
Cours d’agriculture
“ Lorsqu’on a semé ou pendant qu’on sème le blé, s’il survient une pluie capable d’imbiber la terre, on doit attendre, pour passer la herse, que le sol soit ressuyé, & préférer de voir quelque grains de blé enlevés par les oiseaux ou par les fourmis, plutôt que de serrer & pétrir cette terre sans bien recouvrir le grain. ”
Eugène Le Roy,
L’Année rustique en Périgord
(1903-1904)
“ Dans l’après-midi, la terre étant bien émottée, l’homme sème son blé. À même le panier passé dans la saignée du bras gauche, il prend la semence chaulée, et avançant d’un mouvement presque mécanique, il lance le grain en fauchant, d’un jet brusque et mesuré. Derrière lui, les autres de la maison, femmes et tout, achèvent d’ameublir la terre avec la pioche et recouvrent les grains à l’ancienne mode, ou bien la herse traînée par les bœufs l’ensevelit. ”
P.-J. Delafont, Notions élémentaires d'agriculture… (1856)
“ Ceux qui ont bien compris tout cela ne doivent pas s'étonner que le blé ne vienne plus ou vienne mal dans un terrain qui en produit déjà depuis quelques années sans interruption, puisque les sucs particuliers qui conviennent à cette plante ont été absorbés parles récoltes antérieures, et que ces récoltes ont été d'autant plus exigeantes à l'égard de la terre, que le blé ne peut prendre dans l'air qu'une portion insignifiante de la nourriture dont il a besoin, faute de posséder des feuilles pour l'aspirer, l'attirer à lui. ”
Congrès de la vente du blé, Versailles… (1900-1901)
“ Les statistiques confirment cette appréciation ; ce ne sont pas les cultures des terres riches qui ont principalement bénéficié de la diminution de l'étendue du blé ; c'est, d'un côté, la pomme de terre, la betterave des terres légères, qui a gagné 200,000 hectares, de l'autre, l'herbage et le pacage, qui ne demandent qu'une main-d'œuvre des plus restreintes et qui ont occupé la partie la plus importante du terrain abandonné par le blé. ”
F Morgat, Si j'étais agriculteur au domaine de l'Écubillon… (1926)
“ La première aère le sol, l'ameublit superficiellement, en un mot met le blé en milieu favorable à son développement au moment où il talle, époque importante de laquelle dépendra, en grande partie, la récolte. Le roulage fait bien adhérer, à la terre, la céréale quelquefois un peu arrachée par le hersage. ”
François Rozier,
Cours d’agriculture
“ On n’attendra pas que le blé soit parfaitement sec pour le sortir du four, car alors il seroit trop desséché... Le blé ainsi étuvé, on le criblera... On aura l’attention de ne le mettre en sacs ou en tas que lorsqu’il sera bien refroidi ; car si on l’enferme chaud, il retiendra un peu d’humidité qui adhère à la surface du grain, & le feroit moisir... Lorsque le propriétaire ou le commerçant ont de fortes parties de blé, il est plus expéditif de se servir des étuves. ”
Paul-Denys Dudesert, Traité pratique d'agriculture.… (1849)
“ Evidemment elle conviendra au blé autant au moins que l'ancienne couche, et l'on aura obtenu deux grands avantages : celui d'avoir rendu plus profonde la couche arable au profit de presque toutes les cultures. Les défoncements, en effet, augmentent la faculté absorbante du sol ; ils favorisent le développement des racines ; ils diminuent les effets de l'humidité , et ceux de la sécheresse, et les récoltes de luzerne, de trèfle, de sainfoin, de choux, sont toujours en raison de la profondeur des labours. ”
Paul Gosset, Mémoire sur les blés, les céréales et leur conservation… (1850)
“ Il y a plutôt eu déperdition, et si elle n'a été que stationnaire, elle a dégénéré. Comme toutes les productions, la nature nous a donné le blé avec toutes ses imperfections ; elle nous a laissé la tâche de l'améliorer, de l'approprier à notre existence. ”
J. Vital, Études agricoles (1872)
“ Le blé, comme toutes les plantes de la famille des graminées, émet des racines peu profondes et ne se nourrit que des sucs qu'il trouve presque à la surface du sol. Ces sucs ne tardent point à s'épuiser; c'est pourquoi il est indispensable de faire succéder à une récolte de blé la culture de quelque autre plante qui demande à la terre -une nourriture différente. ”
A. de Ferrier, Manuel de l'agriculteur de l'Indre… (1854)
“ Si l'on a donné à la terre tous les soins qu'elle réclame , le rendement d'un hectare de blé peut être, dans ce pays, de 15 hectolitres. La récolte du blé doit se faire un peu avant sa maturité complète. Ainsi récolté , il pèse 4 kilog. de plus que l'autre et la farine qu'il produit donne, à poids égal, 125 grammes de pain de plus que le blé récolté tout-à-fait mùr. On trouve encore , dans cette méthode, l'avantage d'éviter la perte des graines que laissent échapper les céréales complètement mûres; la paille moins épuisée , sera meilleure pour la nourriture des bestiaux ”
M. Payen, Revue des Deux Mondes
“ Parmi les moyens de rendre certaines contrées plus fertiles et d’accroître ainsi la production du blé, on doit citer en première ligne l’écoulement des eaux, que retiennent en surabondance les terres fortes ou argileuses. Sur ce point encore, les agriculteurs anglais ont ouvert la voie la plus sûre et la plus économique. ”
De Trimond, La fortune par la culture progressive… (1865)
“ A ceux qui craindraient la verse de leur blé, je répondrai que le danger sera moindre si la terre a été fumée un an auparavant pour la culture des racines, et j'ajouterai que la verse n'a pas lieu dans les terres bien chaulées, et si surtout on emploie pour le blé 2 à 400 kil. de poudre d'os ou phosphate de chaux. ”
L. de Lavergne, Revue des Deux Mondes
“ On comprend très bien la préférence qu’une agriculture sans capital donne à la culture du blé sur celle des fourrages ; la culture du blé est la plus facile, la plus courte et la plus sûre, tandis que l’élève du bétail présente des difficultés, des lenteurs et des chances qui découragent la plupart des cultivateurs, même au prix actuel de la viande. ”
Émile Rey, L'Agriculture progressive dans le Lot… (1908)
“ Ce que nous dirons à son sujet pourra, du reste, s'appliquer à toutes les cultures et principalement aux autres céréales. La culture actuelle du blé n'est pas rémunératrice. — Le rendement moyen actuel du froment dans notre département est, avons-nous dit, de 9hl 6 à l'hectare. Il n'était, il y a 20 ans, que de 8hl.6. C'est une légère amélioration ; mais elle est encore insuffisante, car avec cette production le cultivateur non-seulement ne réalise aucun profit, mais encore il est en perte, comme nous allons le démontrer. Que coûte, en effet, la culture d'un hectare de blé. ”
H. Lecointe, Manuel élémentaire d'agriculture et d'horticulture… (1895)
“ Récolte du blé. — Dès que les grains de blé ont acquis tout leur volume, et assez de solidité pour ne plus être écrasés ou coupés facilement avec les doigts, on procède à la moisson. Le blé coupé est mis en javelles sur le sol, où on le laisse pendant deux ou trois jours, afin de le faire bien sécher et de faner les herbes qu'il peut contenir, après quoi on le lie en gerbes et on l'engrange, ou on le met en meules. 128. Moyettes. — Lorsque l'été est pluvieux, la récolte du blé devient extrêmement difficile, et il n'y a guère de moisson possible sans l'emploi des moyettes. ”
