Louis Aubert

Résumé

Louis Aubert Américains et Japonais (1908)

C'est devenu le dogme des Blancs du Sud, leur plus haut idéal de vie de maintenir contre le contact et la poussée du Noir, leur type physique, moral et intellectuel, — ce type physique qu'ils assainissent et embellissent par le sport, ce type moral et intellectuel de citoyen d'une libre démocratie qu'ils ne cessent d'exalter. Tout mariage, tout commerce entre Blancs et Noirs est condamné : le viol d'une Blanche par un Nègre, c'est le crime suprême que non seulement les lois, mais les pires supplices ne peuvent suffisamment faire expier.
Source : Gallica

Louis Aubert Américains et Japonais

Certes les Japonais, eux aussi, sont persuadés de leur supériorité, mais leur conviction n’est guère impassible. Toujours inquiets que cette supériorité ne soit pas assez reconnue, ils vont devant un étranger jusqu’à s’humilier par orgueil. Un amour-propre maladif, la crainte qu’on ne les traite pas avec tous les égards qu’ils souhaitent, joints à la peur que la couleur de leur peau et leur faible stature n’excitent le rire, — tout conspire à les isoler, à les raidir : arrogants et brutaux ou trop aimables, au total rarement assez maîtres de soi ni assez détendus pour attirer la sympathie.
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Louis Aubert Américains et Japonais

Mais, malgré tous les démentis, c’est bien d’une question de race qu’il s’agit : les Américains estiment que le Japonais n’est pas assimilable, et que partout où il émigré, il conserve son caractère national et ses traditions.
Creuset immense, où si vite se fondent et s’allient en un peuple nouveau, tous les peuples d’Europe, comment l’Amérique désespère-t-elle si vite d’assimiler les Japonais ? L’histoire américaine ne s’inscrit-elle pas en faux contre les distinctions de races que les Européens se plaisent à établir entre eux dans leurs querelles de nationalités et d’impérialismes ?
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