Thalès Bernard

Résumé

Thalès Bernard Mélodies pastorales

Lorsqu’Adam, vierge encor, fut sorti de la terre,
Pour comprendre sa vie et percer le mystère
Qui voilait à ses yeux le monde d’alentour,
Il avisa de loin, coupant le ciel torride,
Au milieu des palmiers, une colline aride
Qui s’élevait à part, haute comme une tour.
Il gravit donc ses flancs, d’une marche empressée,
Avide de calmer son cœur et sa pensée,
En lisant à ses pieds le mot de l’univers ;
Et, lorsqu’il se tourna vers l’horizon immense.
Il étendit les bras, comme un homme en démence,
Car il vit les grands monts de verdure couverts.
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Thalès Bernard Mélodies pastorales

Un charme qui m’attire et qui me fait trembler.
Je n’y vois pas briller de mystiques visages,
La nymphe aux pieds d’argent ne vient pas m’y troubler,
Mais je songe qu’un dieu pourrait, dans sa démence,
Lorsque je serai mort, m’enfermer tout vivant
Sous cette écorce rude où la douleur commence,
Si j’en crois le bouleau, qui se plaint à tout vent.
Oh ! gémir asservi, sans regard et sans lèvre,
Concentrer dans son cœur de sinistres désirs,
Et lorsqu’on sentirait y bouillonner la fièvre
Servir de marche pied aux faciles plaisirs ;
Voir à l’entour de soi les filles, sans contrainte.
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Thalès Bernard Mélodies pastorales

Car mon cœur est trop vieux pour s’enchaîner encor,
Mais j’aime entendre, ami, la douloureuse plainte
De ceux dont le chagrin s’épanche en rhythmes d’or.
Soit donc que, t’attachant à quelque fille blonde,
Tu dises dans tes vers sa voix et ses yeux bleus,
Que tu suives, songeur, en t’éloignant du monde,
Le sentier où les bois semblent toucher les cieux ;
Laisse venir à moi les soupirs de ton âme,
Ô poète emporté dans ce monde mouvant,
Où le rêve idéal monte, subtile flamme,
Lorsque sur notre terre il n’a plus d’aliment.
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